Beni : des arrestations “arbitraires” déplorées au bord du lac Edouard 

Les populations vivant au bord du lac Edouard déplorent les arrestations injustifiées des paysans par les gardes-parc de Virunga et la destruction méchante des cultures dans les champs. Elles se sont ainsi exprimées au cours d’un débat public que RADIOMOTO.NET a organisé, le 25 décembre 2024 avec différentes couches de la population au secteur catholique Saint-Pierre de Kyavinyonge en territoire de Beni. 

Les participants ont reconnu que l’économie des ménages dans les villages et localités riverains reposait sur la pêche. Mais depuis quelques années, le lac Edouard ne produit presque plus de poissons. C’est pourquoi certaines personnes se sont obligées de pratiquer l’agriculture. 

À part les petits jardins que les personnes entretiennent dans l’enclave de Kyavinyonge, par exemple, les populations traversent le parc pour cultiver les champs dans les montagnes à Museya, Vurusi et dans les vallées de Karuruma et environs. Malheureusement, pendant la traversée du parc, les gardes les arrêtent en cours de route. La libération est conditionnée par le payement de l’argent. Ce qui fâche toute la population de Kyavinyonge.

“(I) Lors d’un échange avec nos députés, ces garde-parcs avaient dit qu’ils ont donné une limite provisoire. Parmi nous, il en a qui ont des limites dans des chefferies. Mais le défi auquel nous faisons face, c’est qu’en voulant se rendre au champ, ces gens nous arrêtent arbitrairement. Encore qu’ils ne nous disent pas le motif pour lequel nous sommes arrêtés. (II) Ils ne demandent même pas là où quelqu’un va. Ces cas arrestations viennent de perdurer vraiment. Nous souffrons et ils ne nous disent même pas pourquoi nous sommes arrêtés”, se sont-elles désolées. 

Participant à ce débat public, le chef de l’enclave de Kyavinyonge reconnait les arrestations dont sa population est victime. Toutefois, il fait remarquer que certains de ses administrés arrivent à dépasser les limites du parc lorsqu’ils font les champs. 

C’est pourquoi, Muhindo Kidumu Makoma plaide pour la bonne démarcation des limites entre le parc et la chefferie pour éviter les conflits qui peuvent nuire et à la population et au parc.

“Il y a plusieurs jours, des gens sont arrivés au bureau pour m’informer de l’arrestation de leurs proches. J’ai appelé le conservateur et il les a libérés. Et là, sur les montagnes, il y a des chefs terriens et la société civile. Chaque entité a ses limites pour donner à chacun un champ. Et quand cette personne est arrêtée, on ne veut pas faire le suivi. Nous, nous sommes dans le parc, il y a aussi des villages riverains. Là, il y a des chefs terriens qui octroient des champs aux paysans. Si quelqu’un vient t’arrêter dans un champ que tu as reçu du chef terrien, pourquoi ce dernier ne peux pas se plaindre afin de punir les garde-parcs ? Ils ne sont pas au-dessus de la loi”, a-t-il témoigné. 

Il sied de noter que la démographie de l’enclave de Kavinyonge est estimée à plus de 41.000 personnes qui vivent de la pêche, de l’agriculture et du petit commerce.

Kakule Kilumbiro

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