Conflit RDC – Rwanda : pour Steward Muhindo, “Joseph Kabila doit aussi reconnaitre sa part de responsabilité”
Le sénateur à vie Joseph Kabila doit reconnaitre sa part de responsabilité dans la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23) que de pointer Félix Tshisekedi d’en être à la base. C’est une réaction de Steward Muhindo, militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), ce lundi 24 février 2025, au cours d’un entretien avec RADIOMOTO.NET. Ce, au lendemain de la sortie médiatique de Joseph Kabila sur la crise sociosécuritaire qui oppose la République démocratique du Congo à celle du Rwanda.
À en croire Steward Muhindo, le président actuel et son prédécesseur ont déjà joué un rôle dans la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, caractérisé par l’escalade de violences. Il pense que la grande faute de Tshisekedi est d’avoir entretenu la coopération politique avec Kagame après sa prise du pouvoir en 2018. Ce, en levant le mandat d’arrêt contre certains acteurs clés du M23.
Cependant, ce militant rappelle qu’en donnant le pouvoir à Félix Tshisekedi au détriment de Fayulu, Kabila est à la base de la crise sécuritaire actuelle. Celle-ci serait la conséquence de l’incompréhension entre Félix Tshisekedi et Corneille Nangaa.
“Kabila, c’est bien de pointer la responsabilité de Tshisekedi, mais c’est aussi mieux de reconnaitre sa propre responsabilité dans la crise sécuritaire actuelle. C’est Kabila qui a volé les élections de 2018. Il les a fraudés à Tshisekedi au mépris de la volonté populaire, alors que c’est Fayulu qui avait gagné les élections. Aujourd’hui, lorsque Tshisekedi, Nangaa et Kabila n’arrivent pas à se mettre d’accord sur leurs accords secrets au sujet de cette fraude électorale, ils nous viennent avec une guerre dont nous ne savons pas les tenants et les aboutissants”, a-t-il démontré.
Dans son intervention, Joseph Kabila a démontré que seule la solution globale mettant autour d’une même table les parties au conflit peut résoudre le problème. Steward Muhindo note qu’à part le dialogue, le pays doit mettre en place une armée et des institutions fortes.
“Est-ce que le dialogue en lui seul est une garantie pour le rétablissement de la paix? Puisque Kabila lui-même a dialogué plusieurs fois avec les groupes armés, mais cela n’a pas mis fin à l’insécurité. Donc, il y a un besoin évidemment de dialoguer, mais aussi de construire une armée véritablement sérieuse et des institutions qui sont fortes”, a-t-il recommandé.
Dans son intervention, Joseph Kabila a accusé son successeur d’être à la base de la résurgence du M23 et d’avoir brisé le pacte républicain issu du dialogue inter congolais de Sun City, qui a abouti à une Constitution adoptée par référendum populaire en 2006.
Glodi Mirembe