Butembo : Kaswera Kyalwahi vit de la vente des cacahuètes depuis plus de 50 ans
Kaswera Kyalwahi Albertine, vendeuse d'arachides depuis plus de 50 ans, répondant aux questions de la journaliste Esther Vwiravwahali. Ph. Ange Kavuya.
La vente des cacahuètes (arachides) grillés est un gagne-pain pour Kaswera Kylwahi Albertine depuis plus de 50 ans. RADIOMOTO.NET l’a rencontré à son lieu habituel de travail, la porte d’entrée nord du marché central de Butembo, en prélude de la journée internationale des droits des femmes.
Mère-célibataire âgée de 64 ans, Albertine s’occupe bien de ses 4 enfants et de sa mère grâce à ce métier. Grace aux conseils de ses amies, il y a 55 ans, l’entrepreneure s’est lancée dans la vente d’arachides grillées après avoir abandonné ses études à quatrième année primaire.
Albertine s’est d’ailleurs convaincue qu’on doit se contenter de vivre heureux avec le peu qu’on trouve si on n’arrive pas à amasser beaucoup de richesses matérielles. Puisque, pour elle, son bénéfice offre beaucoup de plaisir à sa famille.

« Je me suis dit que ce n’est pas mieux de rester à la maison sans rien faire ; et mes amies m’ont donné 20 000 FC pour que j’achète même 10 mesurettes d’arachide. C’est comme ça que j’ai commencé mon commerce d’arachides grâce aux conseils des amis et actuellement, je nourris mes enfants. Ils sont bien habillés, mes enfants, moi et ma mère, je paye les frais de scolarité et le frais médicaux grâce à ce travail », a-t-elle déclaré.
Il y a 20 ans, Kaswera Kyalwahi Albertine achetait une mesurette d’arachide à 300 FC pour revendre des mesures de 50 et 100 FC. Aujourd’hui, la mesurette se négocie autour de 2000 FC pour offrir des mesures de 200 et 500 FC aux derniers consommateurs. Dans ces conditions, se désole-t-elle, la clientèle est déjà réduite.
« Actuellement, le prix de la mesurette a vertueusement haussé. Nous l’achetons à 2000 FC contrairement au passé où la mesurette coutait 300 FC. Actuellement, nous avons commencé à faire des mesures de 200 et 500 FC. La guerre ne nous facilite plus la tâche, on ne vend plus bien ».
Malgré tout, Kaswera Kyalwahi Albertine n’a jamais changé d’article. Un demi-siècle durant, elle est satisfaite du peu qu’elle gagne avec des arachides plutôt que de tenter autre chose par peur de tomber en faillite.
Ange Kavuya