Dialogue direct annoncé en Angola : « Le M23 demande à Félix Tshisekedi sa position publiquement parce qu’il ne respecte pas ses promesses » (Stewart Muhindo)

“Le tâtonnement de Félix-Antoine Tshisekedi et le non-respect de ses engagements motiveraient la demande du M23 à exprimer publiquement sa position quant au dialogue direct annoncé en Angola ». C’est ce que pense Stewart Muhindo, activiste du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), ce vendredi 14 mars 2025. 

D’entrée de jeu, l’activiste Steward Muhindo note que la décision de négocier directement avec le M23 et ses alliées AFC est regrettable. C’est après que plusieurs entités sont passées sous occupation des éléments du M23. 

Au cours d’un entretien avec RADIOMOTO.NET, Stewart note que cette situation serait évitable après l’occupation de Bunagana. Le militant de la LUCHA rapporte que le tâtonnement de Félix Tshisekedi dans la prise des décisions n’aide à rien le peuple congolais. Ce qui, d’ailleurs, serait à la base de l’exigence du M23 au président de la République d’exprimer publiquement sa position sur le dialogue prévu à partir du 18 mars à Luanda.

“Cela s’explique plus au moins par le tâtonnement, les hésitations et les décisions incompréhensibles qu’il a toujours pris depuis qu’il est au pouvoir. Il refuse, dans un premier temps, le dialogue avec un groupe qui n’occupe que quelques villages, Mais lorsque le groupe armé occupe une étendue assez vaste et de grandes villes, il accepte de négocier avec lui. Le M23 demande à Félix Tshisekedi de s’exprimer publiquement parce que c’est quelqu’un qui a la réputation de ne pas respecter sa parole. C’est normal que des acteurs exigent qu’il s’exprime publiquement, mais c’est surtout la preuve du poids politique que Félix Tshisekedi a donné au M23”, a-t-il analysé.

Stewart Muhindo craint que le dialogue tourne à l’amnistie des auteurs de milliers de morts dans l’Est de la République démocratique du Congo aux côtés de leur intégration dans les forces armées congolaises (FARDC). Une occasion pour lui de s’opposer à tout dialogue.

“J’ai la crainte que ce dialogue consacre une impunité des rebelles. Ça veut dire que les rebelles soient amnistiés pour tous les crimes qu’ils ont commis. L’un des récents crimes, c’est l’assassinat de Idengo. La 2e crainte, c’est que tous les rebelles soient déversés collectivement dans l’armée congolaise parce que c’est ça qui contribue à rendre nos forces de défense et de sécurité incapables de nous sécuriser”, a-t-il ajouté. 

Le 12 mars dernier, le président angolais a annoncé pour le 18 mars 2025 le début des dialogues directs entre le gouvernement congolais et la coalition M23-AFC. Le gouvernement congolais a juste pris acte de la démarche entreprise par le médiateur angolais. La coalition M23/AFC a, à son tour, exigé au président de la RDC d’exprimer publiquement sa position sur les dialogues annoncés. 

Glodi Mirembe

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