RDC : pour le fact-checker Visesa Louangel, l’Intelligence artificielle accentue la désinformation

Muhindo Visesa Louangel, enseignant en journalisme à l'UAC et fact-checker pour Eleza Fact. Ph. Glodi Mirembe

La population devrait toujours vérifier la qualité de l’information avant de la partager sur les réseaux sociaux pour limiter la chaîne de la désinformation. Muhindo Visesa Louangel a prodigué ce conseil ce mercredi 2 avril 2025. Cet enseignant à l’Université de l’assomption au Congo (UAC) et vérificateur des faits (fact-checker) à Eleza Fact interpelle ainsi sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la propagation de fausses informations. 

Il a donné ce conseil en marge de la journée internationale du fact-checking. À en croire ce chercheur en communication, la région du Grand Nord-Kivu fait face actuellement à la circulation en grande échelle de fausses informations, au vu de la période sécuritaire précaire qu’elle traverse. 

Pour ce fact-checker, l’analyse du contenu du message et de sa source s’avèrent importante pour tous les internautes afin de ne pas relayer les fausses informations. Visesa Louangel attire ainsi l’attention de la population sur l’amplification des fake news par l’usage de l’Intelligence artificielle (IA) qui génère des contenus.  

Les fausses informations déjà avec l’Intelligence artificielle, par exemple, il y en a qui sont capables d’observer la photo dans les réseaux sociaux ou même sur les sites officiels. Il y a beaucoup d’outils qui sont déjà développés, qui produisent du contenu et laissent de marque, par exemple de leur outil qui peut contribuer justement à la mise en place de la désinformation. Il y a une photo qui circule, par exemple avec Tshisekedi, le président, et une jeune fille, mais essayez d’observer même la photo, est-ce qu’il n’y a pas un signe d’un outil informatique ? Il y a beaucoup de manières de détecter les fake news et c’est une question justement d’attirer l’attention, de ne pas être pressé. En grande partie, il y a même des signes, quand ont dit attention, stop stop stop, urgent, urgent, urgent”, a-t-il démontré. 

Pour lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux, le vérificateur des faits note que les habitants devraient toujours vérifier auprès des professionnels de médias. C’est pour se rassurer de la véracité des messages douteux qu’ils reçoivent sur la toile. Loin de là, il propose l’intéressement des habitants aux techniques de vérification.

Quand tu tombes sur une information, c’est très facile de contacter les professionnels du domaine. Ils ne sont pas nécessairement des journalistes généralistes, des simples journalistes de la région par exemple, mais nous avons une chaîne de grands journalistes qui effectuent leur travail dans la vérification même de faits. Une autre pratique qu’on peut privilégier, c’est aussi recouper les sources. Vous tombez sur une information avec une source qui vous place dans les doutes, essayez quand même de trouver autrement quelqu’un qui peut vous donner une autre information de plus par rapport à ce sur quoi vous venez de tomber. Une autre pratique, moi, j’ai toujours encouragé les gens à participer à des conférences scientifiques. Ça, c’est déjà aussi l’éducation aux médias. Il faut analyser le contexte”, a-t-il encouragé. 

Quelques outils tels que les applications mobiles Google Lens, Image Search et Reverse, accessibles via le moteur de recherche Google, peuvent aider à vérifier à partir du téléphone l’origine des images et écrits douteux. 

Dans le cadre de la lutte contre la désinformation au Grand Nord-Kivu, Radio Moto Butembo-Beni a déjà mis en place un programme de vérification des faits diffusé chaque samedi à 21:35’.

Glodi Mirembe

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