RDC : le Sénat saisi par la Justice militaire pour demander la levée des immunités de Joseph Kabila
L’ancien président de RDC, Joseph Kabila, après un entretien avec l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki à Johannesburg, le 18 mars 2025. © Siphiwe Sibeko/REUTERS
La Justice militaire de la République démocratique du Congo a officiellement saisi, mercredi 30 avril, le Sénat pour demander la levée des immunités de Joseph Kabila. L’ancien président, aujourd’hui sénateur à vie, est soupçonné de liens avec l’Alliance fleuve Congo (AFC), la branche politique du M23. Il est poursuivi pour trahison, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et participation à un mouvement insurrectionnel.
La justice militaire se réfère au statut de sénateur à vie de Joseph Kabila pour enclencher la procédure. Les faits reprochés sont postérieurs à son mandat présidentiel. Et le ministre de la Justice, Constant Mutamba, d’affirmer que les éléments sont désormais réunis.
« La justice a rassemblé un maximum de preuves tangibles et irréfragables qui étalent l’implication claire, la participation directe du sénateur à vie, Joseph Kabila, dans les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les massacres des paisibles citoyens, civils et militaires, en ce moment dans la partie Est du pays. Nous invitons l’ancien chef d’État à venir affronter la justice congolaise », a-t-il déclaré.
Le Sénat, dominé par la majorité présidentielle, doit maintenant se prononcer. L’autorisation de poursuite permettrait aussi à la justice d’agir sur le patrimoine de l’ancien président. La justice note avoir répertorié tous les biens mobiliers et immobiliers du sénateur à vie Joseph Kabila, se trouvant aussi bien en République démocratique du Congo qu’en dehors du territoire national.
« La justice a répertorié tous les biens mobiliers et immobiliers du sénateur à vie, Joseph Kabila, se trouvant aussi bien en République démocratique du Congo qu’en dehors du territoire national. La justice attend l’autorisation expresse des poursuites pour que des saisies conséquentes à titre préventif et conservatoire soient opérées conformément aux lois », a-t-il prévenu.
Le parti de Joseph Kabila, suspendu par le gouvernement, conteste ces accusations. Il parle depuis plusieurs semaines d’affabulations. Reste à savoir si le Sénat donnera son feu vert, dans un contexte marqué par la médiation internationale autour du M23 et des appels à l’apaisement politique.
Visesa Louangel