Rutshuru : le café parmi les produits champêtres volés à Bukoma et Binza 

Des produits de champs font la cible des cas de vols dans le territoire de Rutshuru. Le café est sur la liste de produits les plus visés par des voleurs, notamment dans les groupements Bukoma et Binza. La culture, autrefois mal rémunérée, se voit de plus en plus récompensée, s’attirant la convoitise des voleurs dans cette partie de la province du Nord-Kivu.

De Katoro à Kinyandonyi, en passant par Kibututu en groupement Bukoma, les inconnus ne laissent pas une seule graine de café sur sa tige sans l’emporter, se plaignent les producteurs de cette culture. 

Jonas Mafuta, un paysan cultivateur habitant à Kiwanja, situe les causes de ce phénomène à trois niveaux. Ce, y compris une légère amélioration du marché du café en territoire de Rutshuru depuis quelque temps. 

“La première raison, c’est que ce produit n’était plus très recherché. Maintenant, il est recherché. C’est pour cette raison que nombreux vont le voler pour attraper de l’argent. La deuxième raison, c’est que nombreux n’étaient pas habitués à la culture du café. Il y a très peu de champs de caféiers. Et l’autre raison, la troisième, c’est le chômage dans le milieu de la jeunesse. Quand les jeunes manquent d’emplois, ils sont tentés par cet esprit d’aller voler pour gagner de l’argent”, a-t-il analysé. 

D’autres produits sont également dans le viseur des voleurs, affirment César Mahamba, un cultivateur exerçant ses activités dans l’axe Kanyabiraho-Nyamitwitwi en groupement de Binza.

“Ils viennent comme des piégeurs. Ils font semblant de placer leurs pièges alors qu’ils sont en train de viser vos produits. Nous souffrons beaucoup dans cette situation. Si vous laissez un produit quelconque en attendant la maturité pour enfin le récolter, vraiment, les voleurs nous font peiner dans notre ère culturelle. Nous n’avons vraiment pas de chance avec nos bananes plantains. Il y a aussi le café. Là, on ne parle même plus. On vole les graines de café et on coupe les tiges. Le régime des palmiers a eu le même aimant. Nous n’en avons pas de chance non plus”, a-t-il regretté. 

Actuellement, le kilogramme du café se négocie entre 7 000 et 8 000 Francs congolais (FC) selon le marché où l’on se trouve, entre Bukoma et Binza, contre près d’un dollar il y a quelque temps. 

Faustin Tawite

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