Butembo : boycott de l’appel du SYECO à grever dans plusieurs écoles
Alors qu’elle commencerait ce vendredi 2 mai 2025, la grève prévue par le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) n’a pas été effective à Butembo. Ce deuxième jour du mois, plusieurs écoles publiques ont normalement fonctionné.
Rencontré en son office de travail, un chef d’établissement a indiqué que dans son école, sur 24 enseignants de son école, 17 ont répondu présent. Lorsqu’il a constaté les absences le matin, il les a appelés, et ces derniers ont présenté les excuses d’avoir été emportés par l’influence de la masse.
Ce chef d’établissement se rappelle que les deux mois de grève que le SYECO a observé à la rentrée scolaire de cette année n’ont pas produit des résultats. Ainsi, il appelle les enseignants à attendre la publication du budget de l’année 2025 par le gouvernement pour prendre une décision efficace.
« L’année budgétaire commence à être budgétisée à partir du mois d’avril. Nous attendons qu’on puisse voir si on va majorer et nous sommes là dans la patience. Tout en attendant, nous sommes en train de travailler, car on ne peut pas laisser les enfants à leur triste sort. Nous savons que nous sommes des travailleurs de l’État et que l’État lui-même saura comment arranger notre problème. Nous savons qu’au début, nous avons fait deux mois à la maison et il n’y avait aucun résultat. C’est pourquoi, je dirai aux enseignants de venir travailler pour sauver l’année », a-t-il conscientisé.
De leur côté, plusieurs enseignants, que RADIOMOTO.NET a interrogés, trouvent inopportune l’idée de sécher les activités à deux mois de la fin de l’année scolaire. Une enseignante, qui s’est exprimée, a appelé ses confrères qui se sont absentés ce vendredi à penser surtout à sauver l’année scolaire qui tend à sa fin.
« Je vois que gréver ne sera pas une solution, et comme nous sommes presque à la fin de l’année scolaire, je pense que nous devons sauver l’année. Les enseignants qui ne sont pas arrivés, je leur conseille de reprendre le chemin de l’école. Nous devons avoir pitié de nos enfants », a-t-elle opiné.
Une grève inopportune, selon REDHO
La grève annoncée par les enseignants du SYECO-Butembo est inopportune et préjudicie la formation des enfants. Muhindo Wasivinywa, défenseur des droits humains et coordonnateur du Réseau pour la défense des droits humains (REDHO), tout en reconnaissant que les enseignants ont le droit de réclamer leur droit, mais tenant compte de durs moments que traverse le pays, pense que la voix de ces derniers risque d’être étouffée par les défis sécuritaires qui préoccupent les autorités. C’est pourquoi, Muhindo Wasivinywa pense que les enseignants peuvent attendre la stabilisation de la situation socio-politique pour revendiquer leur droit légitime.
Il est à rappeler que les professionnels de la craie réclament l’ajout de 50 000 FC sur leur salaire promis au mois de janvier 2025, l’identification à la Fonction publique promise par le gouvernement au quatrième trimestre 2024. Il y a aussi l’application du SMIG, soit 14 500 FC par jour, promis au mois de février 2025 et la suppression des zones salariales promise dans le budget 2025.
Esther Vwiravwahali