Au Nord-Kivu, des infirmiers travaillent dans des mauvaises conditions dues à l’insécurité (Témoignages)
La situation sécuritaire précaire dans plusieurs entités de la province du Nord-Kivu impacte négativement sur le travail des infirmiers. Certains, qui se sont confiés à RADIOMOTO.NET à l’occasion de la journée internationale de l’infirmière le 12 mai dernier, affirment qu’ils travaillent actuellement dans des conditions difficiles. Ils invitent le gouvernement à pacifier les zones insécurisées.
Kavira Saasita est une infirmière au centre de santé Mabambi, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Butembo, en territoire de Lubero. Elle affirme qu’elle s’était déplacée pour Butembo lorsque la situation sécuritaire s’était détériorée dans son entité.
Aujourd’hui, elle est déjà rentrée dans son village, mais avec beaucoup des difficultés à survivre. Elle témoigne qu’il n’y a presque plus des médicaments dans la structure sanitaire où elle travaille parce que les hommes en armes avaient tout emporté. Suite à ce manque des médicaments, le paludisme a élu domicile à Mabambi, se désole-t-elle.
“Nous n’avons plus des médicaments dans nos structures sanitaires parce que les ADF avaient vandalisé les hôpitaux, emportant beaucoup de médicaments et en détruisant les autres. Pour le moment, nous sommes vraiment en carence des médicaments. Le paludisme a vraiment élu domicile notre entité. En tout cas, nous souffrons”, a-t-elle témoigné.
Thembo Matsoro, infirmier au centre de santé Mukongo-Muhangi, fait savoir que la plupart de la population a déjà fui, craignant pour sa sécurité. Si dans le passé, on pouvait effectuer plus de 30 accouchements le moi, aujourd’hui, il est difficile d’atteindre même 10, révèle-t-il, invitant le gouvernement à pacifier les zones insécurisées pour que les activités reprennent comme avant.
“Nous demandons vraiment aux autorités du pays de pacifier les zones insécurisées. Actuellement, nous sommes en train de soigner les malades sans matériels nécessaires. Et nombreux malades que nous soignons sont des femmes de militaires et des déplacés. Ils ont du mal à trouver les moyens pour payer leurs factures”, a-t-il fait savoir.
Il convient de noter que plusieurs structures sanitaires sont souvent la cible des assaillants. Ceux-ci vandalisent et détruisent les matériaux médicaux.
Rosette Kamukehere