Beni : une délégation de l’Inspection provinciale de la territoriale à Oïcha pour un contrôle administratif

Depuis lundi 12 mai 2025, une délégation de l’Inspection provinciale de la territoriale séjourne dans cette entité pour évaluer le fonctionnement de la commune d’Oïcha. Cette mission intervient dans un climat tendu caractérisé par des accusations entre la société civile locale, les autorités et les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). 

La délégation est composée du chef de division unique de la territoriale au Nord-Kivu, de l’Inspecteur provincial adjoint et de l’Inspecteur principal adjoint, chef d’antenne de Butembo. 

Leur arrivée coïncide avec une vive controverse entre la société civile et les autorités municipales. Ces dernières sont accusées par la société civile de mauvaise gestion, une situation qui, selon Darius Syayira, premier rapporteur de la société civile de la commune d’Oïcha, nécessite des éclaircissements à l’issue de cette mission d’inspection. 

“C’est de voir comment rétablir le bon fonctionnement de l’administration par les propositions. De bien vouloir évaluer le niveau des compétences de chacun pour tracer l’implication de chacun dans telle ou telle autre mafia constatée au sein même de l’administration. Nous attendons aussi que l’on puisse rappeler qu’il y a des structures légales qui doivent être mises en fonction concomitamment avec l’équipe de la commune. C’est par exemple le CLPD, le CLSP qui sont en fait des structures un peu là oubliées par l’administration de la commune. Ce qui écarte, n’est-ce pas, l’administration participative. Nous voulons aussi voir cette inspection-là, vérifier les circuits financiers. Puisque, c’est là que nous avons beaucoup de doutes ou nous avons des éléments, des preuves par rapport au dysfonctionnement. Cette inspection doit rappeler en fait aux autorités communales que l’administration est indépendante et doit être gérée en dehors même de la politique. Tout celui qui va se retrouver dans une incompétence, dans une mafia, dans cette administration, nous devons attendre les sanctions”, a-t-il insisté. 

Lors de son intervention, Janvier Kasayiryo, premier rapporteur de la société civile du territoire de Beni, a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une répression des autorités locales. 

Selon lui, celles-ci n’hésitent pas à poursuivre en justice tout citoyen qui critique le fonctionnement de la commune. Il a également condamné avec fermeté l’attitude de l’UDPS, accusant le parti de vouloir transformer la commune d’Oïcha en une propriété privée. Il reproche à l’UDPS de chercher à s’approprier le plan de réaménagement de la municipalité dans le but d’imposer ses partisans comme chefs de quartiers.  

En réaction, le secrétaire fédéral de l’UDPS dans le territoire de Beni, Dalmon Malekani, a rejeté en bloc ces accusations, qualifiant les propos de la société civile de non fondés. Il a affirmé que le parti n’intervient pas dans les décisions administratives de la commune.

“Quand la société civile est en train de parler que l’UDPS avait déjà proposé dans tous les quartiers d’Oïcha, les membres de l’UDPS. C’est faux !. Nous n’avons jamais proposé aux gens une liste des membres de l’UDPS. On devrait seulement faire le remaniement de certains chefs des quartiers d’Oïcha. Nous n’avons pas voulu que l’on enlève tous les chefs qui sont là. On doit avoir maintenant certains membres de l’UDPS aussi, qui pourraient jouir de l’administration dans la commune d’Oïcha”, a-t-il recadré.

Il convient de rappeler que la même équipe d’inspecteurs avait effectué, la semaine dernière, un contrôle administratif similaire au bureau de secteur de Beni-Mbau. Cette mission de trois jours visait également à évaluer le fonctionnement des services administratifs locaux. 

Samy Kitha

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