J.M. du vivre ensemble : la cohabitation redessine l’espoir dans les sites des déplacés à Oicha (reportage)
La solidarité, l’amitié et la frustration sont les mots qui caractérisent la cohabitation entre déplacés de guerre vivant dans les sites en commune d’Oicha. Radio Moto Butembo-Beni s’est intéressée à cette réalité ce vendredi 16 mai 2025, à l’occasion de la journée internationale du vivre ensemble. Les déplacés de guerre témoignent des avantages de cette cohabitation, émaillée toutefois par certains défis. Les autorités locales et les ONG sont également à pied d’œuvre pour renforcer et maintenir ce climat de cohésion entre déplacés de guerre dans les sites.
Reportage de Samy Kitha depuis Oicha :
Dans les sites de déplacés, la cohabitation entre différentes communautés ethniques est un exemple de résilience. Zaburi Kisubi, chef du Bloc C du site Luvangira, au quartier Oicha Ier, est l’un des témoins de cette résilience face à l’adversité. Il parle de la cohabitation réussie entre les tribus dans ce camp et souligne les changements positifs apportés par cette cohabitation à sa tribu Mbuti.
« Dans ce site, nous vivons sans problème avec les Bantous. Nous vivons ensemble avec les bantous, nous sommes dans ce site parce que la guerre nous a réunis. Grâce à cela, nous avons acquis plus d’expériences que nous n’avions pas dans la brousse », indique t-il.
Loin de là, dans ce même site, Kapitula Andrée vit également cette cohabitation. Pour lui, la guerre lui a offert une nouvelle famille dans ce site où il vit depuis environ deux ans.
« Nous vivons bien avec d’autres tribus ici. Nous collaborons bien, nous sommes devenus une famille. Nous provenons de divers axes, mais nous sommes venus ici. Si un voisin a quelque chose, nous la partageons », rapporte-t-il.
Kahindo Marigo, déplacée de guerre venue d’Otomabere, témoigne aussi de la solidarité qui caractérise les déplacés de guerre dans leur site en dépit de la misère qu’ils endurent.
« Nous sommes en bonne collaboration avec les voisins. Si l’enfant du voisin a faim, et si vous avez un peu de nourriture, vous lui donnez. Mais nous ne partons plus au champs de peur d’être tué », s’exclame-t-elle.
Dans le site de la CECA20 en commune d’Oicha, la solidarité prend des formes multiples et s’exprime à travers un soutien mutuel inébranlable. Mutuli Kisubi partage l’expérience des organisations locales dans ce site qui a créé des groupes mutuels pour s’entraider.
« Nous avons un groupe mutuel dans ce groupe qui nous aide à réussir certains travaux. Par exemple, nous avons une AVEC qui réunit le peuple pygmée et bantou », s’enthousiasme t-il.
Les autorités locales et les organisations humanitaires jouent un rôle important dans le maintien de cette cohésion. Jean-de-Dieu Kambale Kibwana, bourgmestre adjoint de la commune d’Oicha, parle des projets mis en place par la commune et ses partenaires pour rassembler les Bantous et les Pygmées autour des activités communes en vue de renforcer la collaboration et la paix sociale.
« On met les Pygmées et les Bantous ensemble et on leur donne un travail. Ce travail va laisser à ce que les pygmées puissent collaborer avec les Bantous, ou les pygmées entre eux, ou les Bantous entre eux. Parce qu’ils ont un point commun : à la fin du travail, ils auront quelque chose », déclare-t-il.
Notons que la commune d’Oicha compte cinq camps de déplacés qui hébergent des centaines de familles. D’autres familles déplacées vivent dans des familles d’accueil.