Oïcha : la culture du cacao nuit à la production alimentaire
Plusieurs agriculteurs d’Oïcha misent sur les cultures industrielles, notamment le cacao, au détriment des cultures vivrières et cela impacte l’alimentation au niveau local. Le service de l’agriculture du chef-lieu du territoire de Beni a sonné l’alerte, le jeudi 22 mai 2025. Elle appelle les cultivateurs à diversifier leurs productions, sinon les revenus issus du cacao ne serviront qu’acheter des denrées qu’ils pourraient eux-mêmes produire.
Katungu Mbalinda Aimée, cheffe du service de l’agriculture de la commune d’Oïcha, affirme avoir constaté que depuis que le prix des produits industriels, notamment le cacao, a atteint des sommets, plusieurs agriculteurs ont négligé d’autres cultures vivrières essentielles. Elle tire une sonnette d’alarme, car cela risque l’impacter la sécurité alimentaire de la région.
“Nous avons constaté que beaucoup de nos agriculteurs se sont focalisés fortement dans la culture industrielle. Par exemple, le cacao, récemment, avec le macadamia, mais il semble qu’ils négligent d’autres cultures. Comme conséquence, on aura l’insécurité alimentaire, parce qu’on a besoin d’avoir la sécurité alimentaire, d’avoir tout aliment”, a-t-elle démontré.
Elle souligne que se concentrer uniquement sur le cacao et d’autres cultures industrielles affecte également l’économie des agriculteurs. Elle explique par le fait que pour nourrir leurs familles, les agriculteurs sont contraints d’acheter des produits agricoles qu’ils devraient pourtant produire eux-mêmes. C’est donc un cycle de pauvreté qui ne terminera pas, alerte Katungu Mbalinda Aimée.
“Revenant du champ avec seulement le cacao, c’est bon. On va vendre le cacao et avoir beaucoup d’argent. Mais subitement, cet argent va être dépensé encore pour acheter les autres aliments qui peuvent être récoltés même dans leurs champs. Quand tu vends quelque chose que tu as produit, encore, tu achètes quelque chose que tu peux produire. Donc, on joue sur le même pied. On reçoit de l’argent, encore, on dépense cet argent sur les mêmes cultures”, s’est-elle désolée.
L’agronome Katungu Mbalinda démontre également que ce choix des agriculteurs de privilégier les cultures industrielles expose la zone à une dépendance accrue aux produits importés pour nourrir les familles, alors que ces denrées pourraient être cultivées localement.
Samy Kitha