Butembo : l’insolvabilité des parents pèse sur l’Institut Notre Dame de l’Assomption et l’EP Mwange Sourd-Muet
Les autorités scolaires de l’Institut Notre Dame de l’Assomption et de l’École primaire (EP) Mwange Sourd-Muet déplorent l’insolvabilité des parents des apprenants qui a caractérisé cette année scolaire. Kavira Marie-Claire, préfet de l’Institut Notre Dame de l’Assomption qui a parlé au nom des deux écoles a également évoqué la méfiance de l’État à reconnaitre tous les agents de ces institutions scolaires. Elle s’est exprimée au cours de la messe de clôture de l’année scolaire 2024-2025.
Cette messe a été tenue dans les cours de ces institutions qui encadrent les mal-attendants et attendants à Butembo. Dans son discours d’évaluation de l’année scolaire, Kavira Marie-Claire a pointé l’avancée des éléments de l’AFC/M23 comme l’un des facteurs ayant accentué cette insolvabilité.
Alors que ces écoles ont, depuis dix ans, du mal à payer leurs enseignants non mécanisés, cette insolvabilité des parents a considérablement impacté les activités, a-t-elle dit.
“Vu l’état sécuritaire de notre pays, les parents sont devenus insolvables. Et nombreux, nous pouvons dire, sont devenus comme s’ils vivaient ou travaillaient à travers la ville de Goma. Et avec les gens qui se sont installés là-bas, c’est un peu compliqué aujourd’hui pour payer les frais scolaires. Et notre difficulté, notre école vient de faire 10 ans depuis sa création, mais jusque-là, l’État n’a pas encore reconnu, même pas à 50% des agents. Et alors, avec les insolvabilités, les enseignants qui vivent ici et le fonctionnement de l’école sont un peu compliqués suite à la prime insignifiante”, a-t-elle déclaré.
Marie-Claire reconnait quand même quelques réussites de l’année finissante. Elle cite notamment l’évolution remarquable de l’exercice de mélange des enfants attendants et mal-attendants. Selon elle, les enseignants et les apprenants s’habituent progressives à ce système qui permet aux deux catégories de faire la même classe voici six ans.
“Voici presque six ans que nous mettons les attendants et les sourds-muets ensemble. Et ça se passe bien. Donc les attendants et les sourds étudient ensemble. L’enseignant qui enseigne ici enseigne doublement. Il utilise la langue des signes, mais aussi la parole. Donc les attendants suivent par la parole, et les sourds suivent les mains de l’enseignant à la langue des signes. Et vous trouvez que c’est un avantage pour les attendants qui vont bénéficier d’un double enseignement à la langue des signes et un enseignement en parole”, a-t-elle démontré.
Les chefs de ces établissements appellent ainsi les parents à inscrire leurs enfants dans ces écoles en fait que la société ait plus d’enseignants, avocats et autres qui rendront service aux mal-attendants en cas de besoin.
L’institut Notre Dame de l’Assomption et l’École primaire Mwange Sourds sont des œuvres des Frères de l’Assomption. Ces écoles sont situées en cellule Vuhumbi, dans le quartier de l’Évêché en commune Bulengera.
Esther Vwiravwahali