Butembo : le professeur Jean-Paul Kamili analyse le processus de paix en RDC 

La représentation des étudiants de Butembo-Lubero a organisé, le vendredi 14 juin 2024, une conférence scientifique majeure axée sur la sensibilisation de l’élite intellectuelle aux défis de la paix en République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs thématiques cruciales ont été abordées par des experts.

Le professeur Jean-Paul Kamili a analysé le processus de paix en RDC, en se penchant particulièrement sur le rôle de l’Union africaine (UA) dans la restauration de la paix et la résolution des conflits sur le continent. Il a souligné les difficultés majeures rencontrées par l’UA, citant notamment sa dépendance économique, financière, technologique et idéologique vis-à-vis de l’Occident. 

L’UA demande toujours de l’argent. Et vous savez où il demande ? En Chine, à l’Union européenne, aux États-Unis. L’UA peut tout simplement accomplir les désirs de nos colonisateurs. L’acteur UA, c’est un acteur important pour l’organisation de toute l’Afrique, mais c’est une organisation légitime, mais inachevée. Ça, c’est un point de vue personnel. Nous avons besoin d’une jeunesse forte, n’est-ce pas, pour donner un coup de main à l’UA, pour que l’UA joue son rôle de maintenir la paix en Afrique. Nous recommandons à l’UA, n’est-ce pas, de renforcer l’autonomie financière. Que l’UA cesse de dépendre de l’Europe. Il faut vraiment cela”, a-t-il insisté. 

Au-delà de cette dépendance, le Professeur Kamili a relevé l’absence d’un mécanisme de sanction efficace au sein de l’UA, ainsi qu’un leadership jugé insuffisant pour contraindre les acteurs récalcitrants à respecter les résolutions de l’organisation. Ces lacunes, selon lui, limitent considérablement l’impact des actions de l’UA sur les populations africaines.

Pour sa part, le Professeur Télesphore Malonga a abordé le contrat entre la RDC et les États-Unis, saluant les initiatives du gouvernement congolais en faveur de la paix. Face à l’insécurité généralisée qui affecte les citoyens congolais, il a insisté sur la nécessité de soutenir inconditionnellement tous les efforts visant à l’établissement de la paix. 

Le Professeur Malonga a par ailleurs recommandé que tout accord avec les États-Unis soit structuré comme un partenariat « gagnant-gagnant ». Il a exhorté la jeunesse à diversifier et approfondir ses compétences dans différents domaines afin de garantir que les bénéfices de tels contrats profitent aux nationaux plutôt qu’exclusivement aux entités étrangères.

Si aujourd’hui on nous dit que les Américains veulent accéder à nos minerais, nous devons pouvoir demander à nos dirigeants ce que nous allons gagner. Il ne suffit pas de venir les emporter. Entre-temps, nous nous restons dans notre boue, dans notre poussière On ne voit aucune route asphaltée, on ne voit aucune école, on ne voit aucun centre de santé. Nous devons faire du gagnant, gagnant. Ils ont ce qu’ils veulent, nous aussi, nous avons ce dont nous avons besoin. Surtout pour les jeunes, je pense. Essayez de varier nos capacités dans différents domaines. Parce que les différentes entreprises qui vont venir, elles vont avoir besoin de gens pour y travailler. De quoi sommes-nous capables ? Peut-être que nous allons nous condamner d’être manutentionnaires, chauffeurs, peut-être, je ne sais pas. Parce qu’on va demander des techniciens et nous ne les avons pas. Donc, on va aller chercher la main d’œuvre où ? En Ouganda, au Rwanda, et nous allons être les chauffeurs de ces gens-là”, a-t-il pensé. 

Cette conférence scientifique visait spécifiquement à sensibiliser les jeunes aux différents accords que le gouvernement de la RDC est en passe de signer avec le M23, le Rwanda et les États-Unis, dans le but d’instaurer une paix durable dans le pays.

Kakule Kilumbiro

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