Accord de paix RDC-Rwanda : l’ASADHO estime que Kigali est le principal bénéficiaire
La RDC et le Rwanda ont signé un accord de paix globale vendredi 27 juin 2025. Il s’agit d’un accord qui met fin à la crise entre les deux pays depuis plus de 30 ans maintenant. Lors de la séance à Washington, les deux ministres se sont exprimés. Au niveau national, certains membres de la société civile, dont l’ASADHO, croient que le Rwanda est le plus grand gagnant dans l’affaire.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères a indiqué que cet accord est le fruit d’efforts coordonnés depuis plusieurs mois par des nombreux acteurs. Il a nommément cité l’État du Qatar depuis lequel le processus a commencé. Olivier Nduhungirehe a réitéré l’engagement de son pays, le Rwanda, à accompagner les efforts du même État pour trouver un accord entre la RDC et l’AFC/M23.
Selon lui, ce processus est déjà bien avancé. Reconnaissant la difficulté dans la mise en œuvre des accords précédents, le diplomate rwandais a indiqué qu’un tournant a été atteint. Il a enfin réaffirmé la disponibilité du Rwanda à travailler avec la RDC pour tenir ces engagements communs.
Pour sa part, la ministre congolaise des affaires étrangères, a indiqué qu’ « en signant cet accord de paix, nous ouvrons un nouveau chapitre qui exige non seulement de l’engagement, mais aussi le courage d’aller au bout ».
Thérèse Kayikwamba Wagner a réaffirmé également que le gouvernement a fait un choix de la paix.
Réagissant à cet accord, Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), s’est dit ne pas être surpris que l’initiative américaine ait abouti à la signature de l’accord de paix entre le Congo et le Rwanda contrairement aux autres initiatives.
Pour lui, « cet accord dont beaucoup se félicitent ne prend pas en compte toutes les aspirations de la majorité des Congolais qui voient que le Rwanda se tire de cette affaire sans qu’on mette en évidence les violations massives des droits de l’homme qu’il a commis en RDC et le pillage de nos ressources”.
La répartition de tous ces dégâts est absente de l’accord», a écrit Jean-Claude Katende. À lui, d’ajouter, « le Rwanda reçoit une prime : il va profiter de nos ressources naturelles sans aucune contrepartie » avant de conclure qu’il ne peut pas y avoir de paix durable en privilégiant un pays qui devrait être mis au bas de la société. Cet accord n’est ni juste ni équitable.
Stanley Muhindo