Goma : La fermeture des banques accentue les désaccords entre tenanciers des Cash-points et clients
Les conséquences néfastes de la fermeture des banques en ville de Goma, dans le Nord-Kivu, continuent de fragiliser la vie socio-économique des habitants. Pour accéder aujourd’hui aux billets verts au niveau des Cash-points, il faut avant tout verser une contrepartie non négociable évaluée en termes de pourcentage et représentant les commissions appliquées.
Pendant l’opération de retrait, au-delà des frais retenus à la source par les maisons de télécommunication, le client est sommé de verser au tenancier de l’agence par exemple 0.05 par un dollar, ce qui donne 0.5 par dix dollars américains. La réalité réduit ainsi de manière significative le montant du demandeur qui, s’il veut même avoir les francs congolais, le taux d’échange ne dépasse pas 2 mille 900 FC alors que pendant l’achat des biens désirés vendus dans des magasins, ce taux d’échange grimpe jusqu’à atteindre 3 mille FC, le dollar.
Cette politique monétaire sans fondement légal qui s’installe peu à peu depuis la prise de Goma par l’AFC-M23 fin janvier dernier, cause des effets malheureux sur le quotidien des populations locales. Elles demandent aux autorités compétentes de régler cette situation dans l’urgence. Un habitant de Goma s’est confié à Radio Moto Butembo-Beni joint, ce lundi 14 juillet 2025.
« Le transfert et retrait de la monnaie mobile, ces gens font ça comme une allégation de vendre très cher le dollar. Par exemple, vous avez 50 dollars, on va vous remettre 45 dollars et le reste sera considéré comme frais de retrait… Ça dérange beaucoup plus la population de Goma qui a longtemps été victime des affres de la guerre. Il fallait qu’il y ait une autorité de régulation de ce secteur pour remettre la population dans son bain. Ça veut dire aussi qu’il faut un plaidoyer qu’il faut porter auprès des autorités tant nationales qu’internationales pour que les banques puissent rouvrir », plaide cet habitant lésé par la situation.
Les tenanciers des agences de transfert d’argent et les opérateurs économiques expliquent cette pratique par l’épuisement des réserves de change dans l’espace économique de la ville entraînant ainsi des tensions sur le taux de change et sur le pouvoir d’achat.
Ghislain Siwako