RDC/Maintien des filles enceintes à l’école : “Cette décision n’est pas un feu vert aux filles de se donner à l’immoralité”, (Me Maguy Panza)

Maître Magguy Panza. Ph. Glodi Mirembe/Radio Moto Butembo-Beni

La mesure portant maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires n’est pas un feu vert de se donner à l’immoralité, mais une réponse à un cas spécifique d’accident de parcours. C’est le point de vue de Maitre Maguy Panza, chargée de vulgarisation au sein de l’organisation Femmes juristes pour la protection de la femme et de l’enfant (FJDF). 

Pour maitre Maguy Panza, cette décision vient rejoindre la préoccupation des législateurs congolais, précisément dans la loi portant protection de l’enfant à son article 62 qui considère une jeune fille enceinte comme un enfant en situation difficile et qui mérite une protection spéciale. 

Selon la loi, ces enfants qui portent des grossesses sont des victimes des viols puisque ayant eu des rapports sexuels en bas âge. Et certains d’entre ces filles courent beaucoup de risques en se faisant avorter clandestinement de peur d’être chassé à l’école.

Et selon la loi, ces enfants qui portent les grossesses sont des victimes, des victimes des viols. Puisqu’il y a eu des rapports sexuels à l’âge de la minorité, leur consentement n’a pas le droit d’inciter. Donc ce sont des victimes des viols. Nombreuses de ces filles-là, surtout celles qui veulent continuer le parcours scolaire, qui se trouvent dans un accident de parcours, d’attraper une grossesse, se font avorter clandestinement. Et les conséquences sont fâcheuses, elle peut, elle aussi, y laisser sa peau”, a-t-elle démontré. 

Cette défenseure des droits de la femme et de l’enfant poursuit qu’exclure une fille enceinte de l’école, c’est la rendre doublement victime. Elle salue, à cet effet, cette décision du ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté.

La circulaire n’est pas un feu vert aux filles de se donner à l’immoralité. Cette décision vient répondre à un cas très spécifique, disons un accident de parcours, et non pas un fait qu’on veut normaliser. Ça, c’est contrairement à ce que les gens sont en train de penser, et on pense qu’on va ramasser toutes les filles enceintes et les amener à l’école, ou bien favoriser que les filles puissent attraper les grossesses à l’école, non. Mais si c’est un accident qui arrive, il ne faut pas chasser la fille qui veut poursuivre, puisque ce ne sont pas toutes les filles qui sont dans cette situation qui acceptent aussi d’évoluer. Mais celle qui manifeste la volonté d’évoluer, elle doit évoluer. Donc ça, c’est vraiment une protection spéciale”, a-t-elle renchéri. 

Maitre Maguy appelle les tuteurs des enfants à toujours dénoncer les hommes auteurs des grossesses sur les filles mineures enfin qu’ils soient punis conformément à la loi. Aux parents de ne pas abandonner leurs enfants qui tombent dans une situation de grossesse.

Rosette Kamukehere

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