Butembo : REDHO démontre les avantages de déclarer les décès à l’état civil

La déclaration des décès, pourtant un acte essentiel de l’état civil, est largement ignorée ou négligée par les habitants de Butembo. Les chiffres de la mairie pour 2024 sont éloquents : seulement 450 décès ont été déclarés. Ce faible nombre soulève de sérieuses questions sur le bilan réel des décès annuels dans la ville.

Les observateurs des faits pensent que ce chiffre est inférieur à ce qu’il serait, au regard des cas qui s’enregistrent chaque jour à Butembo. Maître Muhindo Wasivinywa, juriste et coordonnateur du réseau des défenseurs des droits de l’homme (REDHO) donne les avantages de déclaration des décès à l’État civil. 

Au niveau du pays, cette déclaration permet aux autorités d’actualiser les statistiques des morts par rapport aux vivants. Alors qu’au niveau de la famille, la déclaration de décès permet l’ouverture de la succession afin de déterminer les biens laissés par le « De cujus » et les personnes héritières.

“C’est d’abord une obligation légale, c’est la preuve juridique qui prouve que la personne n’existe pas. Une personne ne peut pas mourir si vous ne la déclarez pas. Même en famille, les gens peuvent continuer à poser des actes à son nom, puisqu’il n’est pas déclaré qu’il n’existe plus. Pour l’État, on peut aussi continuer à penser que la parcelle numéro tel est appartient à tel, alors que la personne ne vit plus. Mais si une fois déclaré, on saura qu’à la telle cellule, ce ne sont que des héritiers qui restent, puisque les ayants droits n’existent plus. L’avantage est vraiment énorme, puisqu’on ne peut pas ouvrir la succession d’une personne qui n’est pas encore décédée. Juridiquement, une personne est décédée, c’est quand elle est déjà déclarée au niveau de l’État civil. Les héritiers ou les proches de la personne décédée ont l’obligation d’aller déclarer les décès de cette personne”, a-t-il démontré. 

Pour tirer la population de l’ignorance de l’importance de l’acte de décès, le coordonnateur du réseau des défenseurs des droits de l’homme (REDHO) appelle à l’implication de tous les groupes sociaux dans la sensibilisation. Il cite par exemple les chefs religieux, les animateurs de différents groupes sociaux de jeunes, des femmes et d’autres mutualités.

“D’ailleurs, c’est vraiment un besoin qu’il y ait une large vulgarisation par rapport à ce message. Je présume que si les leaders religieux pouvaient aider les chrétiens à faire passer le message, ils peuvent s’en approprier et ça pourra aider tant soit peu à empêcher certaines personnes qui, parce que enterrer, ça suffit, ne veulent pas aller déclarer les décès. Ça pourra aider tant soit peu si les leaders religieux pouvaient aussi s’impliquer, comme ils gèrent un grand nombre de personnes, surtout que les chrétiens ont confiance en eux”, a-t-il sensibilisé. 

Il convient de noter que l’état civil de la ville de Butembo note avoir enregistré 1.243.723 personnes en 2024. Dans les chiffres présentés à RADIOMOTO.NET, Jean-Bosco Kihanda, responsable de ce service, a aussi confié que  425 décès ont été enregistrés au cours de la même année.   

Kakule Kilumbiro

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.