Butembo : la société civile déplore le meurtre d’un policier par des inconnus armés des machettes à la commune Mususa
Des inconnus munis de machettes ont tué un policier au bureau de la commune Mususa, le matin de ce vendredi 25 juillet 2025. L’autorité communale mentionne que la victime s’appelle Muhindo Mboka, ancien commandant du CIAT/Katwa.
Selon le commissaire supérieur Lyombo Walubanga Augustin, un assaillant est sorti blessé par balle lors de ce rapt. Pour l’autorité communale, les auteurs de ce meurtre serraient venus du rond-point Njiapanda munis des machettes jusqu’au bureau de la commune pour s’attaquer aux policiers.
Arrivés sur le lieu, ils ont décapité Muhindo Mboka. Son compagnon d’arme, qui s’est sauvé de justesse, a, quant à lui, tiré sur les assaillants. Sur place, l’un d’eux a été blessé, raconte le bourgmestre de Mususa.
“Les assaillants sont venus attaquer le bureau de la police, avec des machettes et tout comme ça, et ils se sont attaqués à un pauvre policier qui était à la garde. Il a succombé suite aux coups des blessures qu’il a reçues, et le corps est actuellement à la morgue de Matanda. Bon, nous décrions cette situation du fait que nous avons comme ennemis ici, numéro un, ce sont les M23. Si nos frères veulent s’en prendre à M23, tuer même une vingtaine de M23, ça sera une bonne chose pour nous. Mais quand on tue un policier, nous avons une perte, parce que c’est un élément moins. Ce policier, vous le tuez pour quelles raisons ? Il était dans son poste de garde, il ne connait rien, il semblait que la journée, il était au niveau de Njiapanda. On n’a pas compris. Ils sont venus attaquer un pauvre policier qui était de garde dans son poste. C’est pour ça que nous déplorons cette situation. Ce ne sont pas des étrangers, ce sont nos enfants”, a-t-il déploré.
Le président de la société civile de Mususa, Maître Moise Ndekeyonge, qui confirme le fait, ajoute aussi que ces assaillants, environ une vingtaine, s’étaient déjà installés au rond-point Njiapanda/Katwa munis de machettes.
« Ils disaient être sur place pour libérer toute la ville de Butembo », ajoutent plusieurs autres sources concordantes.
À ce niveau, le président de la société civile de Mususa conseille les habitants et porteurs d’armes qui se font passer pour des Wazalendo de ne pas s’attaquer aux éléments de l’ordre.
“Tout cela, en tout cas, ça fait mal de voir l’état pareil. Il n’y a pas longtemps que, récemment ici, on a observé un mouvement pareil aussi au niveau de Kangote. Un policier ici nous a quittés. Encore aujourd’hui, un autre. Ça fait mal. Parce que la police, c’est nous. La population, c’est la police. Lorsqu’on commence à prendre la police comme ça, ça fait mal au cœur. Donc, nous appelons à tous ces jeunes gens-là qui veulent intégrer des mouvements pareils de ne pas y aller. La sécurité, c’est la population et l’état. Ici, nous savons que l’état, c’est la police et l’armée. Et nous-mêmes aussi. Alors, lorsque nous commençons à nous apprendre à la police, ça nous inquiète. S’ils ont une revendication, ils doivent aller vers l’état congolais. S’ils ont une revendication, ils doivent aller voir le Maire, par exemple. Ils disent qu’ils veulent ça et ça et ça. Parce que là, on risque maintenant de vivre une jungle ici, en ville de Butembo”, a-t-il insisté.
Le corps du policier a été conduit à la morgue de l’hôpital de référence secondaire de Matanda.
Commentant cet incident, de nombreux habitants disent que le pire aurait été évité si les services de sécurité prenaient des dispositions nécessaires pour encadrer ces manifestants qui ont passé toute la journée et la nuit de jeudi 24 à ce vendredi à Njiapanda/Katwa sans être inquiétés.
Évariste Mwenge