Rutshuru : des habitants regrettent la clôture d’un projet qui assurait les soins de santé primaire en zone de santé de Kibirizi
Territoire de Rutshuru au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo
L’annonce de la fin du projet “Afya na matunzo kwa wote” mis en œuvre par le Groupe d’accompagnement des malades (GRAM) dans la zone de santé de Kibirizi suscite des inquiétudes dans la communauté locale. Ce projet prenait en charge les soins de santé primaires dans quelques aires de santé de cette zone. Des habitants qui auraient voulu voir le projet continuer se sentent au dépourvu.
À Kabanda dans l’aire de santé de Kibingu, les résidents et les déplacés accueillent avec amertume l’annonce de la fin du projet “Afya na matunzo kwa wote”.
« (I) Je ne suis pas un habitant de Kibirizi, je suis un déplacé de guerre. Je venais de bénéficier de ces soins deux ou trois fois. Lorsque le projet arrive à terme et alors que nous ne sommes pas encore retournés chez nous, nous éprouvons des difficultés. Nous avons besoin de cet appui en soins de santé, car nous sommes dépourvus de moyens financiers (II) Mon épouse amenait les enfants aux soins et on les soignait. Nous étions très satisfaits. C’est un problème d’apprendre que le projet arrive à terme parce que même nous les parents allions nous faire soigner », ont-ils regretté.
Cette inquiétude a aussi été partagée par l’organisation Groupe d’accompagnement des malades, porteuse du projet. Tout en reconnaissant que tout projet compte un début et une fin, elle mentionne qu’elle ne peut plus rien faire, même si les défis restent encore immenses.
« Nous ne sommes pas contents non plus. Nous connaissons les réalités de la zone. Nous connaissons les réalités des aires de santé que nous appuyons. Nous avons vraiment pitié de ces gens. Nous aurions voulu poursuivre, mais vous savez, chaque projet a un début et une fin. Ce projet est donc arrivé à terme. Mais nous allons continuer de plaider, vous et nous, en faveur de cette population pour qu’elle ait de nouvelles opportunités, c’est-à-dire qu’elle bénéficie encore d’un appui en soins de santé, si pas de nous, mais d’autres partenaires, parce que cette population est en difficulté », a-t-il rassuré.
Comme lui, les habitants de Kabanda plaident pour le renouvèlement de ce projet. Selon le docteur Alain Mbangirahi, pendant une année, le projet clos a permis d’assurer la gratuité de soins primaires à plus 130 mille personnes avec l’appui du Fonds humanitaire RDC.
Faustin Tawite