Oïcha : à Mbimbi, la peur et le désespoir s’installent après l’attaque meurtrière des ADF
À Oïcha, la peur et le désespoir se sont installés dans le quartier Mbimbi après le massacre qui a fait au moins neuf morts dimanche dernier. La zone se vide chaque soir depuis cette attaque. Les habitants plaident pour plus de sécurité. De son côté, le vice-gouverneur du Nord-Kivu reconnaît l’ampleur de la menace ADF et assure que des mesures ont été prises pour y faire face.
Depuis cette attaque, les habitants du quartier Mbimbi fuient chaque soir vers d’autres quartiers jugés plus sûrs. Dans la journée, des groupuscules sont visibles où des habitants discutent des dégâts causés par cette attaque. Nombreux sont ceux qui restent profondément choqués. C’est le cas de ce jeune homme qui témoigne d’un désespoir total.
“Nous n’avons rien à faire. Nous avons peur et nous n’avons plus d’espoir. La nuit, personne ne dort ici. Quand il est 16 heures, nous quittons tous les lieux, il n’y a rien à dire”, a-t-il temoigné.
Il n’est pas le seul. La déception se lit aussi sur le visage d’un autre jeune, qui a préféré s’exprimer sous couvert d’anonymat. Il décrit Mbimbi comme un quartier sans espoir et plongé dans la peur. Il lance un appel aux autorités du pays.
“On ne sait plus comment vivre. Aller aux champs est un problème, rester en ville est un problème, comment allons-nous trouver à manger ? Nous passons la journée sans manger, les enfants errent. Il faut dire au président que nous sommes des êtres humains qui ont le droit de vivre dans leur pays. Quelqu’un a construit sa maison avec peine et on vient la brûler, et maintenant les gens dorment à la belle étoile”, a ajouté un autre habitant.
Le vice-gouverneur du Nord-Kivu est arrivé à Oïcha le lundi 18 août 2025. Le commissaire divisionnaire adjoint, Louis Second Karawa, reconnaît la complexité du mode opératoire de l’ADF, qui se déplace plus rapidement. Pour y faire face, il annonce des mesures nécessaires, notamment le renforcement des effectifs de la police et de l’armée.
La plupart des victimes de cette attaque ont été inhumées le lundi 18 août, sur organisation de leurs familles. D’autres corps ont été enterrés ce mardi, dans une ambiance empreinte d’émotion, en présence de leurs proches, amis et connaissances.
Samy Kitha