Oïcha : des déplacés de guerre entreprennent grâce à l’aide humanitaire (Témoignages) 

Les interventions humanitaires ont, tant soit peu, redonné le sourire et la dignité aux déplacés de guerre dans la commune d’Oïcha. C’est ce qu’ils ont affirmé à RADIOMOTO.NET, le mardi 19 août 2025, à l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire. En l’absence de cette aide, certains déplacés se lancent dans le petit commerce ou les travaux champêtres pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Après plusieurs mois passés dans les salles de classe de l’Institut Mabalako, Kalikona Gédéon, déplacé de guerre venu d’Otomabere, vit désormais dans sa maison construite par une ONG sur le site de Luvengira. Il témoigne de l’impact des aides humanitaires.

“On vivait dans la souffrance… Le matin, on faisait sortir nos biens des salles de classe et on y retournait le soir. Mais aujourd’hui, nous dormons sans problème grave grâce à l’AIDES qui nous a construit des hangars ici. La solidarité internationale nous a fourni des toilettes, et là, nous sommes très bien. Les aides humanitaires nous aident beaucoup”, a-t-il témoigné. 

Mais depuis plusieurs mois, les déplacés ne sont plus assistés, notamment en vivres, dans presque tous les sites d’Oïcha. Julienne Bwanabele, déplacée de guerre, se souvient encore du soulagement et du sourire que l’aide humanitaire apportait à sa famille. 

“Nous nous sentons soulagés après chaque assistance. Mais depuis que nous sommes ici, on ne nous assiste plus. Quand nous étions dans des salles de classe à Mabalako, les assistances étaient fréquentes. La joie était immense parce que nous mangions bien”, a avoué de sa part Julienne Bwanabele. 

En l’absence de cette assistance, les déplacés font tout leur possible pour trouver à manger. Certains se rendent aux champs où règne l’accalmie, alors que d’autres se lancent dans le petit commerce. C’est le cas de Kahambu Louise, qui vend ses produits, notamment des bananes et du manioc, le long de la route dans leur site de l’ITM CECA 20.

“L’aide humanitaire ne vient plus et nous patientons toujours. Ici, nous vendons des produits champêtres sur la route pour trouver un peu d’argent. Cela nous aide. Nous faisons ce petit commerce parce que l’aide humanitaire ne vient pas chaque jour”, a-t-elle indiqué. 

Depuis le gel de l’USAID, plusieurs organisations humanitaires ont suspendu leurs interventions ou réduit le nombre de bénéficiaires par manque de moyens. En RDC, cela a eu un impact significatif sur les déplacés, surtout dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu ainsi qu’en Ituri, où les violences armées sont multiples et récurrentes.

Samy Kitha

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