L’Assemblée provinciale du Nord-Kivu proteste contre la suppression de ses subventions par le gouverneur militaire
« Priver l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu des subventions lui reconnues pour ne pas lui permettre de concourir aux activités d’intérêts généraux qu’elle poursuit violerait les textes qui régissent la province ». C’est de cette manière que le président de cette institution réagit à la correspondance du gouverneur militaire du Nord-Kivu à la première ministre.
En effet, le gouverneur avait, dans cette correspondance du 19 aout dernier, alerté la cheffe du gouvernement sur les difficultés financières auxquelles lui et son équipe font face. Le général-major Évariste Somo demandait à la chef à la cheffe du gouvernement des orientations alors que la situation budgétaire de la province est de plus en plus critique.
Parmi les dépenses, il évoquait le loyer du bureau de l’Assemblée provinciale, les résidences du président et du vice-président de l’Assemblée provinciale, un montant de 55.000 dollars destiné à l’installation de tous les députés provinciaux dans la ville de Beni et le fait que le gouvernement civil en congé continue d’être pris en charge, alors que son mandat remonte à la législature 2018-2023.
En réaction, le président de l’Assemblée Provinciale qui s’est adressée également à la première ministre, a rappelé tous les textes légaux qui définissent les droits et les devoirs du gouvernement provincial et de l’Assemblée provinciale même pendant cette période exceptionnelle de l’état de siège.
Selon Robert Seninga, « l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu, loin de s’opposer au Gouvernement provincial, son institution sœur, ne fait que prévaloir les droits qui lui sont reconnus non seulement par notre constitution, mais aussi par les actes légaux et réglementaires de notre pays ».
Et d’ajouter : « Payer le loyer du bureau de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu et celui des résidences de deux membres du Bureau sur cinq membres, ne veut pas dire que le Chef de l’exécutif provincial est exempté d’autres devoirs à l’égard de l’Assemblée provinciale en général ».
Au vœu du gouverneur à procéder à l’assainissement du personnel du gouvernement provincial, le président de l’Assemblée provinciale insiste que priver les agents de tous les besoins sociaux nécessaires pour le maintien de leur bien-être, est un suicide auquel on soumet ces citoyens qui ont fui la guerre par patriotisme. Il appelle à une attention particulière de la part de la première ministre et insiste sur le climat de collaboration qui doit caractériser les deux institutions.
Stanley Muhindo