Lubero : l’administrateur militaire condamne le carnage de plus de 70 civils à Ntoyo 

Kiwewa Mitela Alain, administrateur militaire du territoire de Lubero. Ph. Évariste Mwenge/RMBB

Un mouvement de déplacements massifs des habitants de Kasenye et Masisi dans le secteur de Bapere et ceux de Telea et Bébé, dans le groupement Manzia  en chefferie de Baswagha, s’observe ce mardi 09 septembre 2025. Ces habitants trouvent refuge les uns à Njiapanda et d’autres à Butembo. C’est la conséquence du carnage rebelle à Ntoyo, condamné par l’administrateur militaire de Lubero. 

Cette attaque attribuée aux rebelles d’Allied democratic forces (ADF) a paralysé les activités scolaires dans les écoles de Njiapanda, dans la sous-division éducationnelle de Njiapanda-Manguredjipa. L’incertitude a envahi les habitants suite à ces massacres qui se sont produits à plus ou moins 4 kilomètres de l’agglomération de Manguredjipa, chef-lieu du secteur des Bapere en territoire de Lubero, la nuit de lundi à ce mardi. 

Les apprenants, qui se sont présentés dans différentes écoles, ont été vite remis à la maison à cause de cette inquiétude, vu que plusieurs partenaires éducatifs ont été parmi les victimes de cette attaque. 

Selon des sources entrecoupées, plus de 80 civils, parmi lesquelles nombreuses personnes d’une même famille, ont été tuées. Ils étaient rassemblés dans la région pour le deuil et l’ennemi les a surpris, indique notre source. 

Quant à la société civile du secteur des Bapere, plusieurs personnes sont portées disparus, il y a également des maisons et véhicules incendiés. La fouille continue. 

Monga Mabanga Julio, fonctionnaire délégué du gouverneur à Njiapanda qui s’est rendu sur le lieu, revient sur ce bilan : “À leur arrivée sur le lieu, ils ont commencé par saccager tout ce qui entourait le feu. Ensuite, ils ont pénétré à l’intérieur, là où étaient assises les femmes âgées et les mamans, qu’ils ont massacré et égorgé à la machette. L’axe principal reliant Butembo à Manguredjipa a été bloqué, notamment à la sortie du village de Ntoyo, pour empêcher nos éléments des FARDC d’y accéder. Ils ont également bloqué l’entrée du village, au niveau de l’école primaire de Ntoyo. Le reste de leurs opérations s’est déroulé en plein centre du village. Le bilan est très lourd. Après concertation entre le comité de sécurité de Ntoyo et celui de Njiapanda, nous avons établi un bilan provisoire de 71 personnes tuées.  On compte également, 14 maisons incendiées, deux véhicules brûlés : un gros porteur appartenant à la maison Brasimba et une voiture appartenant à un frère de Mangurejipa, 14 motos brûlées, du bétail emporté ou abattu, ainsi qu’un nombre encore non connu de femmes, de filles et de garçons portés disparus”.  

Une attaque condamnée par l’administrateur militaire de Lubero 

L’administrateur militaire du territoire de Lubero condamne fermement le carnage perpétré dans le village de Ntoyo, la nuit du lundi à ce mardi 9 septembre 2025. Kiwewa Mitelan avance un bilan de 78 morts, 5 blessés, 14 maisons, 8 motos, et deux camions incendiés. 

L’administrateur se rappelle que le mois passé, les terroristes ADF voulaient qu’il y ait une collaboration avec la population, mais que la population n’était pas du tout d’accord. L’autorité territoriale essaie de se convaincre que ce carnage n’est pas lié à ce refus. 

“Dans les mois passés, nous avions appris que les ADF voulaient maintenant instaurer une forme de cohésion, une certaine collaboration avec la population. Mais celle-ci n’était vraiment pas d’accord avec cela. Donc, moi, je pense que ce qui s’est passé n’est pas vraiment lié à cette histoire-là. Ce n’est qu’un mode opératoire des ADF. C’est comme ça qu’ils opèrent, c’est comme ça qu’ils agissent. Vous savez, c’est un groupe terroriste. Et comme tous les groupes terroristes, leur objectif est souvent d’instaurer la peur pour forcer la population à adhérer à leur mouvement. C’est pourquoi ils se comportent de cette manière. Quant à la collaboration avec la population, ce n’était pas une réalité. Ce sont eux qui avaient cette intention, mais la population a fait preuve de résistance”, a-t-il confié. 

Kiwewa Mitela Alain présente ses condoléances à toute la population du territoire de Lubero. Il invite cette même population à avoir confiance à l’autorité potico-administrative. Car, dit-il, une grande délégation en provenance de Beni se dirige déjà vers Manguredjipa. En attendant, ce mardi, ce sont les humanitaires de la Croix-Rouge qui rassemblaient les corps des civils tués à Ntoyo.

Pour sa part, la société civile du secteur de Bapere, par le biais de son président, Kagheni Samuel, le bilan peut s’alourdir d’un moment à l’autre.

Rosette Kamukehere

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