Affaire Kabila : ses proches dénoncent un “procès vide et de la honte”

L'ancien président, poursuivi par la Haute Cour militaire, est accusé de plusieurs chefs d'accusation, dont celui de trahison et de complicité avec le groupe M23 soutenu par le Rwanda.

Le procès de l’ancien président congolais Joseph Kabila, accusé de complicité avec l’AFC/M23, s’est poursuivi vendredi 19 septembre 2025. Les parties civiles, qui avaient demandé la réouverture des débats pour faire comparaître trois nouveaux témoins, ont annoncé l’abandon de cette initiative en raison de menaces qui pèsent sur leur sécurité. Alors que la Haute Cour militaire devait rendre son verdict le 5 septembre 2025, le camp Kabila dénonce un procès qu’il qualifie de vide et de la honte. 

Lors d’une nouvelle audience à Kinshasa vendredi, les avocats des parties civiles ont insisté sur leur demande de requalification de la charge de trahison en espionnage. Les avocats affirment que Joseph Kabila est en réalité rwandais. Les parties civiles, refusant l’application de la peine de mort, estiment que Joseph Kabila doit rester toute sa vie en prison pour être confronté aux conséquences de ses actes. Elles ont également proposé de réévaluer les dommages et intérêts à 30 milliards USD. 

Parlant de l’absence des trois témoins annoncés à la barre lors de cette audience, Maître Jean-Marie Kabengele, l’un des avocats de la République, évoque des contraintes sécuritaires pour ces témoins, expliquant qu’ils sont eux-mêmes victimes de menaces de mort. 

« Dès lors que nous-mêmes, avocats professionnels de la justice, faisons l’objet de menaces, il était risqué de faire comparaître ces témoins sans garanties de sécurité », a-t-il fait savoir.

Ces arguments sont rejetés par le FCC de Joseph Kabila, qui estime que ce procès est vide. Moussa Kalema, membre de cette plateforme politique interrogé par TV5 Monde, qualifie ce procès de la honte.

« Je note que ces avocats n’avaient rien à dire. Ce dossier est vide. S’il y a des personnes à protéger, ce sont justement ces avocats. Il n’y avait rien à craindre. Ce procès est une honte pour la République », a-t-il rétorqué. 

Le représentant de l’auditeur général des FARDC a, quant à lui, réitéré son réquisitoire de la peine de mort contre l’ancien chef de l’État congolais. 

Samy Kitha

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