Lubero : l’insécurité à Manzia impacte négativement sur les activités sanitaires 

L’insécurité dans le groupement Manzia, en chefferie des Baswagha et dans le secteur de Bapere à l’ouest du territoire de Lubero, a négativement impacté sur la santé de la communauté locale. La fermeture des formations sanitaires a favorisé l’automédication et le développement de plusieurs maladies. L’alarme a été lancée par les prêtres responsables des paroisses de Manguredjipa, Biambwe et Njiapanda, lors du Conseil pastoral diocésain tenu à l’évêché de Butembo, du mardi 16 eu mercredi 17 septembre 2025. 

Dans leur rapport, les responsables du doyenné Manguredjipa ont peint un tableau très sombre de la situation socio-sécuritaire de cette partie du diocèse de Butembo-Beni. En dehors des lourdes pertes en vies humaines et de plusieurs dégâts dans différents domaines, la santé a été énormément touchée par cette insécurité caractérisée par les attaques des ADF. 

En conséquence, une dizaine de structures sanitaires ne fonctionnent plus, car vandalisées par des hommes en arme, a indiqué l’abbé Paluku Nzalamingi Jean-Marie Vianney, curé doyen.

« Nous avons constaté, avec regret, que plusieurs structures sanitaires ont été vandalisées, non seulement par les ADF-Nalu, mais aussi et surtout par des milices locales. À Mangurejdipa, on peut citer : le centre de santé de référence de Bandulu, le centre de santé d’Ombole, ainsi que, plus récemment, le centre de santé de Mama wa uruma et le poste de santé/maternité Masisi, qui ne sont plus fonctionnels. À Njiapanda, ne sont plus opérationnels : le centre hospitalier de Maeba, les centres de santé Anuarite, Kaheku, Masai, Someya et Kyanganda. À Biambwe, le centre de santé de Masingi a également cessé de fonctionner », a-t-il fait savoir. 

Les conséquences de cette fermeture sont perceptibles dans la communauté. Les habitants activent l’automédication, se laissent tromper par les charlatans et d’autres recourent aux sacramentaux. Du côté de la jeunesse, ce sont les maladies sexuellement transmissibles qui sont signalées.

« Les maladies se multiplient et, faute de moyens pour accéder aux soins, les populations les plus pauvres se tournent vers les sacramentaux, l’eau bénite et autres pratiques religieuses. Nombreux sont ceux qui meurent sans aucune assistance médicale, tandis que d’autres sombrent dans le fétichisme. La courbe des maladies sexuellement transmissibles est en forte hausse, selon les rapports que nous recevons de nos deux zones de santé : Manguredjipa et Biena. Notre plus grande crainte est qu’à ce rythme, dans cinq ans, une grande partie de la population, surtout les jeunes, soit décimée », a-t-il alerté. 

Depuis juin 2024, l’impact de ces attaques est également visible dans les domaines de l’éducation avec plusieurs écoles fermées et dans la pastorale avec plusieurs églises et lieux de culte touchés ou saccagés.

Stanley Muhindo

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