À Mambasa, plus de 30 enseignants quittent leurs postes pour la culture du cacao
Trente-huit enseignants des écoles primaires de la sous-division éducationnelle de Mambasa II ont déserté les salles de classe depuis le début de l’année scolaire 2025–2026 pour se consacrer à la culture de cacao et autres cultures. L’information a été révélée, le mercredi 24 septembre, par Michel Nesapongo Ipunio, Sous-Proved de cette entité éducative.
Selon lui, ces enseignants justifient leur départ par le faible niveau de rémunération, jugé insuffisant pour subvenir à leurs besoins vitaux. Beaucoup d’entre eux se sont reconvertis dans la culture du cacao, une activité devenue particulièrement lucrative dans le territoire de Mambasa au cours des dernières saisons agricoles, a-t-il fait savoir.
Cette vague d’abandon volontaire affecte sérieusement le fonctionnement des établissements scolaires. À peine un mois après la rentrée, plusieurs écoles enregistrent des absences prolongées d’enseignants, entraînant la suspension partielle ou totale des cours dans certaines classes.
L’autorité scolaire locale appelle les enseignants concernés à restituer les cartes SIM qui leur permettent de percevoir leurs salaires via une banque locale.
« Nous avons déjà enregistré 38 cas d’enseignants qui ont abandonné. Et dans de telles conditions, les écoles sont bloquées. Beaucoup de nos écoles de la sous-division Mambasa II ne fonctionnent plus normalement. Imaginez : 38 abandons volontaires, 38 salles de classe qui traînent. Les enfants passent toute la journée à jouer, puis on les renvoie à la maison. Au niveau des TID, on ne peut pas bloquer leur carte. Pourquoi ? Parce qu’ils se retrouvent encore sur le listing. Comme il n’y a pas de mise à jour, il n’y a pas moyen de les remplacer avec d’autres enseignants. Là, ça bloque automatiquement la situation. C’est un signe de désintérêt pour l’enseignement, mais aussi la conséquence d’un mauvais paiement des enseignants, parce qu’ils se tournent vers les activités de cacao qui payent mieux. Nous avons déjà transmis les rapports à la hiérarchie et à tous les niveaux, mais on nous demande encore d’attendre. Il paraît qu’il y aura bientôt de nouveaux tests de recrutement des enseignants », a-t-il déclaré.
Devenue très rentable, la culture du cacao envoute plusieurs habitants dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Au cours d’une interview à mi-septembre dernier, le curé doyen de Mutwanga, dans le territoire de Beni, a par exemple, raconté à RADIOMOTO.NET qu’à part l’abandon de l’enseignement, des nombreux commerçants choisissent également de se confier à la culture du cacao.
Le grand regret de l’abbé Telesphore Mulondi était surtout de découvrir que l’argent ou la richesse qu’on gagne du cacao pousse nombreux à la dépravation des mœurs.
Jonas Aristote Sabuni