À Butembo, des déplacés de guerre accusent leur comité dirigeant de détourner leur aide
Des bâtiments qui abritent des déplacés de guerre à Mutsanga en ville de Butembo. Ph. Ngunza Mapasa/Décembre 2023
Des déplacés de guerre vivant en ville de Butembo soupçonnent un détournement de l’aide qui leur est destinée par leur comité dirigeant. Un groupe de ces vulnérables s’est confié, le jeudi 25 septembre 2025, à RADIOMOTO.NET après une assemblée ayant tourné à un mécontentement, ce même jeudi, dans la concession de l’ITAV.
Ces compatriotes ont, avant tout, relaté la situation difficile qu’ils traversent dans la ville de Butembo qui les a accueillis. Dépourvus de frais de loyer, de nourritures, de fournitures scolaires pour les enfants, ces citoyens endurent un quotidien complexe. Ils regrettent avoir constaté que certains de leurs responsables s’enrichissent à leur nom.
Ces hommes et femmes déplacés reconnaissent, par ailleurs, l’hospitalité dont ils jouissent de la part des habitants. Ils souhaitent cependant que toute aide soit directement livrée à leur présence lors des rassemblements hebdomadaires.
« Merci d’abord, je remercie les chrétiens qui sont en train de nous amener de l’aide. Vous arrivez sur le lieu où nous nous rencontrons chaque mardi à la cathédrale et le jeudi, c’est dans la concession de l’ITAV. Vous arrivez là-bas, vous verrez les déplacés parce que la plupart des personnes ne sentent pas la douleur d’être déplacé de guerre. Ils ne savent pas comment les déplacés sont en train de souffrir. Alors, vous allez venir avec votre aide et il fera ça. Vous n’allez pas même amener ça à la destination prévue. Il consomme ça, c’est l’objet de notre présence ici et nous avons vu à travers notre résilience. C’est ce qui laisse assez que nous venons jusqu’ici », s’est désolée l’une de ces déplacées de guerre.
Les mêmes sources dénoncent également la vente des jetons par le comité des déplacés de guerre et des documents par certains chefs de quartiers. Ne désapprouvant pas ces comités, ils exigent une transparence dans la gestion de l’aide.
« Lorsqu’on vient pour obtenir les jetons, on vous oriente toujours vers le chef en premier. Mais plusieurs chefs compliquent la tâche aux déplacés. Si vous n’avez pas d’argent, ils refusent de vous donner la lettre nécessaire. Le déplacé se voit donc obligé de payer le chef pour obtenir cette lettre. Ensuite, arrivé auprès de celui qui distribue les jetons, on vous exige aussi de l’argent, sinon on ne vous les donne pas non plus. Ces jetons servent à transporter les sacs de sable sur les dômes, au tarif de 200 francs par sac. Pour obtenir 1 000 francs, il faut faire ce travail 5 fois. On transporte parfois jusqu’à 12 sacs pour atteindre ce montant. Mais avec cette misère, comment réunir 1 500 francs juste pour obtenir des jetons ? Nous souffrons énormément », a ajouté cette femme déplacée de guerre, qui a parlé au nom des autres.
L’incriminé rejette ces accusations
Réagissant à la grogne des déplacés de guerre qui accusent leurs représentants de détourner leur assistance, la présidente du comité urbain des déplacés de guerre à Butembo rejette les accusations portées à sa charge.
Contactée au téléphone, puisque inaccessible en présentiel, Kavira Vake Vayivwira, indique que jusque-là, il n’y a pas de bienfaiteur qui a exprimé le vœu de venir en aide à ces nécessiteux.
Se confiant à RADIOMOTO.NET ce vendredi 26 septembre 2025, elle note que le bureau urbain de l’état civil a instruit son comité d’identifier les déplacés de guerre venus de Manguredjipa et environs après les massacres des civils à Ntoyo.
Cela, pour actualiser les statistiques de la population. Notre interlocutrice se désole du fait que le message ait été mal transmis et reçu par les déplacés. Kavira Vake Vayivwira appelle les déplacés au calme et se détourner des rumeurs. Même les agents du bureau des déplacés à la mairie où le reporter de RADIOMOTO.NET est passé, disent ne pas être informés d’une quelconque assistance qui devrait être remise aux déplacés de guerre, le jeudi 25 septembre 2025, comme le rapportent ces déplacés de guerre.
Stanley Muhindo & Joëlle Mwengevalwahi