Beni : Le manque de moustiquaires imprégnées d’insecticide favorise une recrudescence du paludisme à Mutwanga (Dr Muhambulirwa Eric)
Le manque de la moustiquaire imprégnée d’insecticide dans plusieurs ménages de la zone de santé de Mutwanga, dans le secteur de Ruwenzori, en territoire de Beni, est un facteur phare de la présence du paludisme dans la communauté locale. Cette observation est du docteur Kambale Muhambulirwa Éric, médecin traitant au Centre hospitalier (CH) Mukondo, à Mutwanga.
Ce professionnel de la santé a partagé la réalité aux agents de Moto TV et Radio Moto Butembo-Beni au cours d’une visite guidée dans cette formation sanitaire du BDOM, samedi 20 septembre 2025.
Selon lui, la plupart de patients qui en souffrent sont des enfants. La maladie a pris de l’ampleur depuis 2021, année depuis laquelle la zone endémique de Mutwanga n’est plus dotée en moustiquaire imprégnée d’insecticide, a dit ce spécialiste en santé.
« La cause première, c’est vraiment le manque de moustiquaire imprégnée d’insecticide. Parce que la dernière campagne a eu lieu en 2021. Et depuis cette année-là, il n’y a plus eu de ravitaillement en moustiquaire », a-t-il expliqué.
Pour y faire face, le Centre hospitalier Mukondo s’emploie à sensibiliser la communauté locale à pratiquer des mesures barrières. La moustiquaire à insecticide étant rare sur place, ce médecin recommande la lutte contre les marécages. Il faudrait également que chaque ménage assainisse sa parcelle en enrayant la brousse tout autour, sensibilise le docteur Éric.
« Les conseils pratiques, il y a précisément la lutte contre les marécages. C’est ce qui est la principale éducation que nous essayerons de faire ici à défaut de la moustiquaire imprégnée d’insecticide. Nous recommandons aussi l’assainissement, le déboisement, donc de lutter contre les arbres qui abritent les moustiques et d’autres insectes », a-t-il conscientisé.
Outre le paludisme, le Centre hospitalier Mukondo accueille les patients souffrants de plusieurs maladies, dont la salmonellose, une maladie des mains sales et des intoxications aux produits indigènes moins couteux que les produits pharmaceutiques.
À l’issue de la visite guidée, le personnel soignant a exprimé plusieurs besoins pour permettre la prise en charge les patients qui deviennent nombreux. Il a parlé notamment de la construction de nouvelles salles d’internement pour éviter la promiscuité entre les malades.
Patrick Kalungwana