Ituri : des Wazalendo pointés du doigt pour extorsion de biens des habitants, alerte la CRDH
La Convention pour le respect des droits humains (CRDH), antenne de Mambasa, alerte sur des actes d’extorsion commis par des groupes Wazalendo à l’encontre des habitants des chefferies de Babila-Babombi et de Bakwanza, dans le territoire de Mambasa (Ituri).
Selon Rams Malikidogo, coordonnateur de cette structure de défense des droits humains, depuis plus d’un an, ces groupes armés, pourtant présentés comme des défenseurs communautaires, imposent des frais illégaux aux cultivateurs avant d’accéder à leurs champs.
À l’en croire, chaque agriculteur doit verser quotidiennement 2 000 Francs congolais (FC), ou 20 000 FC par mois, pour passer les barrières érigées sur plusieurs axes menant aux zones agricoles.
Pour ce faire, la CRDH interpelle les autorités locales et nationales à assumer la responsabilité de ces groupes armés, afin de ne pas faire porter le poids de leur survie sur des civils appauvris.
L’organisation appelle à des mesures urgentes pour démanteler ces barrières illégales et mettre fin aux pratiques de rançonnement, dans le respect de la dignité des populations locales.
“La population de la chefferie de Babila-Babombi et celle de Bakwanza semble être abandonnée par les autorités compétentes. Voilà déjà une année depuis que les éléments de Wazalendo ont érigé plusieurs barrières sur les routes menant aux champs agricoles, et ces derniers extorquent de l’argent à la paisible population avant même d’accéder à leurs champs. Ils exigent 2 000 francs par jour, ou 10 000 francs par semaine, voire même 20 000 francs par mois à chaque cultivateur avant d’avoir accès à sa parcelle. C’est vraiment catastrophique, car actuellement la population accède difficilement à ses champs, et ceux qui y vont n’ont même pas l’espoir de revenir. Les éléments de Wazalendo, en réalité, devraient être pris en charge, au lieu de devenir un fardeau pour une population qui a longtemps souffert, notamment à cause des massacres attribués aux ADF. Le gouvernement ne doit pas abandonner la population entre les mains de ces éléments, vu qu’ils sont présents sur place. Car si vous ne payez pas, vous êtes torturés, vous êtes fouettés”, dénonce la CRDH.
En juillet dernier, la CRDH, antenne de la chefferie des Babila-Babombi, alertait également sur plusieurs cas d’arrestations arbitraires des civils, dont la majorité des agriculteurs, par des hommes armés se réclamant des Wazalendo.
D’après Grâce Kakine, secrétaire de cette structure citoyenne dans la région, ces Wazalendo infligeaient des amendes aux personnes injustement arrêtées. C’est depuis le début de l’année en cours, pour rappel, que des prétendus Wazalendo sont désignés responsables de plusieurs griefs, parmi lesquels l’enrôlement des enfants mineurs en âge scolaire au sein de leur mouvement.
Jonas Aristote Sabuni