Nord-Kivu : carence de certains médicaments à Goma
La ville de Goma court vers une insécurité sanitaire suite à la rareté de certains médicaments nécessaires pour la santé dans les structures sanitaires, notamment les pharmacies et les maisons de vente de ces produits. Cet avertissement a été lancé devant la presse de Goma par le responsable de l’ordre des pharmaciens du Nord-Kivu, le 25 septembre dernier, à l’occasion de la journée internationale dédiée aux pharmaciens.
Le docteur Ahadi Bonheur attribue cette circonstance, d’abord, à la fermeture de l’aéroport qui impacte négativement sur l’approvisionnement de la ville en molécules, bien que les pays voisins essaient de faciliter leur entrée. Il accuse également la prolifération des maisons de vente entretenues par des personnes non qualifiées et l’automédication conduisant à d’énormes risques sur la santé des habitants.
Le docteur Ahadi Bonheur invite les autorités à prendre des mesures dissuasives et à la population de prendre conscience.
“Oui, c’est un problème d’approvisionnement. Ici, dans la ville, les médicaments ne viennent pas seulement de l’aéroport. C’est vrai, le problème est éminent, mais ces pays qui nous entourent essaie de pallier le problème qui existe, celui d’approvisionnement de médicaments dans la ville de Goma. La situation doit avoir un impact non seulement sur les coûts de médicaments. Quand il y a une crise sanitaire, il y a aussi des faux citoyens qui profitent de l’occasion pour mettre sur le marché des médicaments falsifiés, des médicaments corrompus, des médicaments altérés même. Nous reconnaissons qu’il y a certains médicaments, certaines molécules qui sont devenues rares sur le marché, et surtout des médicaments qu’on doit garder à froid. Par exemple, les vaccins, ça contribue à l’insécurité sanitaire dans notre ville et dans la province”, a-t-il fait savoir.
Selon les statistiques de cette organisation, la ville de Goma compte actuellement deux cent huit pharmacies et plus de deux mille cinq cents maisons de vente des médicaments avec une population estimée à deux millions d’habitants alors que la loi n’autorise que deux cents pharmacies entreprises normalement par des spécialistes.
Au besoin, selon cette loi, rappelle l’ordre des pharmaciens, une pharmacie vaut dix mille habitants et les prescriptions médicales sont très importantes pour éviter les conséquences liées à la prise abusive des remèdes.
Ghislain Siwako