Butembo : le service de Genre, famille et enfants sensibilise sur la nécessité de bannir les mariages précoces ou forcés des jeunes filles
L’humanité célèbre la journée internationale de la jeune fille ce samedi 11 octobre 2025. À Butembo, le service genre, famille et enfants a organisé une conférence. Des jeunes filles accompagnées, certaines de leurs parents et les membres des associations féminines, ont participé à cette activité qui s’est déroulée dans le temple de l’église Fédération familles pour la paix au monde pour l’unification (FFPMU) situé sur avenue Mususa. Plusieurs thèmes y ont été décortiqués.

Parlant du thème international de la journée, intitulé « Mariage des enfants, donnons aux filles le pouvoir de choisir », Odile Mabanza Dibi, cheffe du service urbain du genre, famille et enfants, a indiqué qu’actuellement dans la communauté, certains parents contraignent leurs filles à se marier, une fois qu’elle tombe enceinte avant le mariage. Ce qui favorise un mariage forcé, a-t-elle inusité avant de rappeler qu’il s’agit là d’une pratique contraire à la loi congolaise.
« Nous devons donner à la fille la chance d’évoluer. Par exemple, une jeune fille qui a mis au monde sous le toit paternel, nous devons lui accorder une chance. Ensuite, elle peut encore être épousée. Ou, si elle veut continuer ses études, elle peut le faire après avoir atteint un certain âge, pour qu’un jour, elle devienne une personne de valeur. Mais si vous l’abandonnez ou l’obligez à se marier directement parce qu’elle a mis au monde, là, vous ne l’aidez pas », a-t-elle sensibilisé.
Deux autres thèmes entre autres locaux ont suivi. Kavunga Micheline de l’Association des femmes psychologues, qui a parlé du thème : « Agir contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire et dans la communauté », a indiqué qu’il y a plusieurs formes de harcèlement dont sont victimes les filles dans les écoles et dans la société suite à leur féminité.
Kavunga Micheline encourage ainsi les filles à parler aux autres de leur situation difficile pour bénéficier de l’accompagnement. Séance finie, les participants ont donné leurs impressions : « On nous a dit que nous devons garder notre pureté sexuelle. Nous devons changer nos comportements. Surtout, on a parlé de l’impudicité. Nous devons fuir l’impudicité, vraiment. À cette occasion, j’adresse un message aux jeunes filles : gardez votre pureté sexuelle. Quant aux organisateurs de cette journée, ce que je peux leur dire, c’est de ne pas garder cette éducation pour eux seuls, ou juste pour cette journée. Ils doivent la transmettre à travers toutes les activités qu’ils peuvent organiser. »
Plusieurs questions dont la prolifération des maisons de tolérance qui favorise l’exploitation sexuelle de la jeune fille ont été débattues. Des recommandations ont aussi été formulées en vue du bien-être de la jeune fille.
Joëlle Mwenge