Oïcha : la société civile insiste sur le remplacement de la bourgmestre accusée de plusieurs griefs
La société civile d’Oïcha maintient la pression et multiplie les voies pour exiger le remplacement de la bourgmestre d’Oïcha. Elle a adressé une nouvelle lettre à l’autorité provinciale, lui rappelant la gestion qu’elle qualifie d’opaque de la commune. La société civile reproche à la bourgmestre Kavira Mwenge Eugénie tout un chapelet de griefs.
Elle l’accuse notamment de tentative de spoliation des espaces publics et d’opacité financière, avec des présumés détournements, ainsi que de népotisme. La société civile alerte ainsi le gouverneur militaire du Nord-Kivu et l’appelle à intervenir avant que le pire n’arrive.
« Nous avons rappelé, en fait, à Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la province du Nord-Kivu, que nous lui avions déjà adressé une correspondance en ce sens, dénonçant la mauvaise gouvernance. Malheureusement, jusqu’à présent, c’est le silence radio du côté de l’autorité provinciale. Nous estimons que la situation est grave au sommet de la commune d’Oïcha. Il y a une réelle gestion opaque. La gouvernance locale est marquée par une insécurité persistante, avec des cas de banditisme et de cambriolages. Il y a également eu des tentatives de spoliation sur une partie du cimetière de Kyuna, ainsi que la fuite de certaines taxes locales. Lors de l’évaluation en cours pour la numérotation des parcelles à Oïcha, il a été constaté que sept millions de francs congolais n’ont laissé aucune trace. Nous pensons que trop, c’est trop. Oïcha mérite mieux. On ne peut pas tolérer une telle mésaventure à la tête de la commune. Nous voulons que l’autorité provinciale réagisse. Elle a le choix de nous amener quelqu’un d’autre, car celle qui est actuellement à la tête a montré ses limites et ses insuffisances. Malheureusement, elle est en train de faire sombrer la commune d’Oïcha », a affirmé Darius Syahira, premier rapporteur de la société civile d’Oïcha.
La bourgmestre d’Oïcha a toujours nié les accusations portées contre elle. Dans l’émission Echo de la commune, diffusée sur les antennes de la Radio Moto Oïcha en août dernier, Kavira Mwenge Eugénie s’était dite étonnée de ces accusations, estimant que la société civile se laissait tromper. Ce jour-là, elle avait sollicité l’accompagnement de la société civile dans la gestion de la commune d’Oïcha.
Samy Kitha