Beni : la MONUSCO appelle à privilégier la non-violence
Suite aux trois jours de « ville morte » émaillés de violences à Beni, la MONUSCO a réagi par l’intermédiaire de Jean Tobie Okala, son chargé de l’information publique dans la région. Ce dernier a déclaré comprendre la frustration des jeunes face à l’insécurité chronique, tout en les appelant instamment au calme et à privilégier l’expression non-violente.
Il déplore les conséquences de ces journées de tension, notamment l’arrêt des cours dans des écoles ainsi que des dégâts humains et matériels signalés. Alors que certains accusent la MONUSCO d’inaction, Jean Tobie Okala rejette ces critiques et affirme que la mission onusienne reste engagée aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la police nationale congolaise afin de ramener la paix dans l’Est du pays.
“Les jeunes, nous avons compris votre cri, nous le partageons, mais la violence est condamnable. C’est très facile de détruire, mais construire ou reconstruire quelque chose, ça prend du temps. Voilà des enfants qui, pendant trois jours, ne sont pas allés à l’école. Certains commerçants n’ont pas pu vendre. On me dit même qu’il y a un mort. C’est cette violence-là que nous condamnons et nous rappelons que le dialogue reste, je dirais, le seul moyen de trouver des solutions aux problèmes auxquels nous faisons tous face. La MONUSCO n’est pas le problème. C’est qui identifie la MONUSCO comme étant, je ne sais pas, des complices. Ça fait 25 ans qu’on entend cette histoire. Alors que ces mêmes ennemis-là, ils tirent sur nous, ils tuent nos casques bleus, ils tuent nos agents, ils s’en prennent à des humanitaires aussi bien locaux qu’internationaux. Comment peut-on pactiser ça avec ces gens ? Donc, ils expriment leur ras-le-bol, mais un peu de manière violente. Descendez dans la rue pacifiquement, avec des messages. Les autorités vous lisent, vous écoutent, vous suivent. La Monusco est là pour écouter ce que vous dites. Mais il ne faut pas qu’il y ait des flèches, il ne faut pas qu’il y ait des cailloux, il ne faut pas caresser des véhicules, il ne faut pas empêcher les autres citoyens d’essayer de vaquer librement à leurs occupations”, a-t-il déclaré.
Il convient de noter qu’au cours de ces récentes manifestations le début de la semaine à Beni, un civil a trouvé la mort aux côtés d’au moins trois autres blessés par balles, selon les sources de la société civile.
Milan Kayenga