Beni : la société civile s’inquiète du retard dans la réinsertion communautaire des ex-combattants

Des ex-combattants venus de Mubambiro et installés dans le site de transit à Beni (Nord-Kivu). Radio Okapi/Ph. Marc Maro Fimbo

La société civile sur l’axe Beni-Butembo s’inquiète du retard pris dans le lancement des activités de réinsertion communautaire des ex-combattants ayant volontairement déposé les armes, il y a plusieurs mois. Dans le cadre du projet RESET, mis en œuvre par l’OIM en appui au PDDRC-s, plusieurs initiatives communautaires avaient été identifiées depuis décembre dernier, notamment la réhabilitation des routes de dessertes agricoles, essentielles pour faciliter la réintégration des ex-combattants.

Sur le terrain, les ex-combattants installés dans plusieurs villages, notamment à Kalunguta, Kabasha, Maboya et Mataba, dénoncent des conditions de vie devenues intenables. Sans emploi, sans assistance, ils peinent à subvenir aux besoins de leurs familles. L’inquiétude est grande du côté des acteurs locaux de la société civile.

Katembo Mandolani, un de ces acteurs, craint que ces ex-combattants cèdent à la tentation de retourner dans la brousse, faute de perspectives concrètes et lance un appel au gouvernement congolais à mettre fin à la crainte qui est déjà dans la communauté.

« Certains d’entre eux que nous voyons traversent une vie pénible, une vie de calvaire, parce que certains se sont dirigés dans les maquis ou dans la rébellion, c’est parce qu’ils n’avaient pas quoi faire et ils pensaient que c’est de là qu’ils pouvaient trouver la vie. Alors, lorsqu’ils ont entendu la voix bien sûr pacifique du gouvernement, ils sont revenus dans le bercail pour vouloir contribuer paisiblement dans l’évolution de la RDC. Il y avait un programme du gouvernement congolais, en collaboration avec le PDDRC-s, de réhabiliter certains tronçons et certaines routes de dessertes agricoles pour les occuper. Maintenant, vraiment, il y a un grand retard, un grand retard. Si le gouvernement ne veut pas répondre si vite, il y a risque que certains d’entre eux rentrent dans la forêt », craint-il.

Pour rappel, des agents du PDDRC-s sont en grève depuis septembre. Ces derniers réclament le paiement de 35 mois d’arriérés de salaire, ce qui serait aussi parmi les causes de ce blocage.

Milan Kayenga

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