“Irrégularités” des OPJ à Butembo : le Tribunal militaire promet d’agir après l’alerte de la DFJ

Le tribunal militaire reconnaît une certaine lenteur dans le rendement de jugement de certains dossiers et promet d’y mettre fin. Le capitaine Magistrat Kazadi Kabunda Serge a ainsi réagi à l’accusation des participants à un atelier d’évaluation conjointe de la qualité des services de la justice et des mécanismes de prévention pour la lutte contre les VBG. 

Cet atelier, qui a commencé depuis 4 jours, a été clôturé au centre d’accueil Joli rêve, ce lundi, sous l’égide de la Dynamique des femmes juristes (DFJ) pour mettre au clair le travail de la justice en cas des VBG. 

DFJ l’a organisé dans le cadre de son projet : “Initiation pour la Justice et la recevabilité en matière des VBG”. L’atelier a réuni des acteurs de la justice, les services de l’ordre, l’ANR, des autorités sanitaires, les organisations féminines, la société civile et ses autres organisations membres. 

Les participants ont, sans tabou, évoqué les différents problèmes dans la gestion des VBG. Gentille Kabunga, l’une des participants, a repris le monnayage des services par certains OPG, des services qui seraient gratuits. 

« Nous avons su connaître clairement ce que font nos autorités, surtout que nous avons été informés que les services de la Police sont censés être gratuits. La communauté a formulé quelques recommandations à ce sujet. Elle a signalé que, même si la police est censée offrir ses services gratuitement, il arrive que lorsqu’on se présente au bureau de la police, on soit tracassé : on vous demande de l’argent, on vous oblige à retirer vos souliers, et parfois, on vous inflige des amendes qui ne sont pas prévues par la Constitution de la République démocratique du Congo », a-t-elle fait remarquer.

Loin de cette accusation, les participants ont aussi évoqué la lenteur dans le rendement des jugements dans certains tribunaux. Réagissant, le juge du tribunal militaire garnison de Butembo, le capitaine Serge, a indiqué que ceci est dû à la carence de juges et à l’insécurité. Les autorités y travaillent déjà.

« Il nous a été réproché, nos juges, que nous sommes lents dans le prononcer de jugement. Nous reconnaissons cela parce qu’il n’y a pas longtemps, nous n’étions que deux juges. D’abord, il n’y avait qu’un seul juge lorsqu’on a ouvert le tribunal militaire de garnison ici en 2021. Les deux juges qui ont suivi sont arrivés en 2023. Donc, un seul juge, avec le nombre des dossiers qui affluaient là-bas, il y avait une certaine lenteur. Nous aussi, nous sommes arrivés. Le temps pour nous de pouvoir s’imprégner de la situation, le temps de lire le dossier, le temps d’instruire le dossier. Nous avons trouvé beaucoup de dossiers. Nous avons déjà commencé à traiter rapidement les dossiers, même s’il y a plusieurs difficultés. Les difficultés sont surtout liées aux coins qui sont sous l’influence de la rébellion. Or, c’est dans ces coins-là où on peut avoir facilement les victimes. C’est dans ces coins-là où on peut avoir des témoins ou des renseignants. Et aujourd’hui, ça ne nous aide pas pour que nous puissions aller rapidement », a-t-il reconnu.

Kahindo Mughole Safi, coordinatrice de terrains au sein de la DFJ, a apprécié la réussite des échanges. Elle a aussi appelé les participants à mettre en pratique tous les engagements pris. 

« Après tout ça, nous attendons des participants un engagement à la mise en œuvre du plan qu’ils ont élaboré eux-mêmes conjointement avec les prestataires des services, mais aussi, nous appelons les prestataires des services à s’approprier ce plan d’amélioration parce que c’est un plan qui peut nous aider dans plusieurs domaines, pas seulement le domaine de la justice, mais qui peut aussi nous aider dans d’autres domaines », a-t-elle souhaité.

À la fin de cet atelier, un comité de suivi des recommandations a été mis en place et un plan d’évaluation conjointe a été élaboré.    

Esther Vwiravwahali

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