Butembo : ACMPROBENNE démontre l’avantage d’assurer son véhicule auprès des services étatiques habilités
L’Association des chauffeurs manutentionnaires et propriétaires des bennes (ACMPROBENNE) lance une campagne à l’endroit des transporteurs de matériaux de construction. L’objectif est de changer la perception de l’assurance : elle ne doit plus être vue comme une perte financière, mais comme une garantie de sécurité et une solution concrète en cas de sinistre.
Le président de l’ACMPROBENNE, que nous avons rencontré le mardi 18 novembre 2025, a mentionné que plusieurs propriétaires de bennes ont vendu leurs biens, voire des parcelles après la commission d’un accident, faute d’assurance. Pour Georges Kanamungoya, l’achat de l’assurance n’est plus facultatif. C’est un document de bord important pour le bien du propriétaire du véhicule.
Le président de l’ACMPROBENNE interpelle ainsi les chauffeurs qui n’ont pas de permis de conduire de s’en procurer. Georges Kanamungoya demande aux propriétaires de bennes de ne donner leurs véhicules qu’aux chauffeurs munis de permis de conduire.
« Lorsqu’un accident survient entre un motard et un camion Benne, les conséquences sont souvent dramatiques et les difficultés innombrables. De l’organisation des funérailles pour les victimes aux soins des blessés, les problèmes que nous rencontrons sont lourds. Pour prévenir ces situations, il est impératif d’être en possession de tous les documents réglementaires : l’assurance, le permis de conduire et d’autres pièces essentielles. Il faut cependant noter qu’une simple assurance ne suffit pas. Sans permis de conduire valide, vous resterez en situation irrégulière et subirez des sanctions. Le mieux est d’être totalement en règle, c’est-à-dire de détenir l’ensemble des documents requis », a-t-il conscientisé.
Parlant du fonctionnement de l’ACMPROBENNE, Georges Kanamungoya revient sur certaines difficultés que les chauffeurs rencontrent dans l’exercice de leur profession. Il a cité l’insécurité, la multiplication de barrières sur les routes, le délabrement des routes et la tracasserie des agents de l’État.
« Au quotidien, nous sommes confrontés à de multiples menaces. Notre travail nous amène fréquemment à circuler à l’intérieur de la ville de Butembo, dans des zones sans sécurité. Des groupes armés, pourtant censés assurer notre sécurité, ont érigé de nombreuses barrières illégales. Ces barrières nous coûtent énormément d’argent. Lorsque nous, chauffeurs, effectuons une course, le budget du carburant et l’exploitation est calculé au plus juste. Ces dépenses imprévues causées par les barrières ne sont pas comprises par nos employeurs, ce qui crée des tensions. L’état des infrastructures, l’état des routes de dessertes agricoles est également dans un état de délabrement avancé, ce qui complique nos livraisons. Enfin, nous dénonçons les tracasseries et les harcèlements dont sont victimes les usagers de ces différentes routes, perpétrés par certains agents des services de l’État », a-t-il déploré.
Au terme de l’entretien, le président de l’ACMPROBENNE note que le chauffeur qui avait été torturé par les militaires FARDC sur la route Isale a recouvré sa santé et que le conflit avec la société ENK sur l’accident qui a conduit la coupure du poteau est déjà décanté.
Kakule Kilumbiro