Lubero : le Centre de santé de référence de Masoy ferme ses portes suite à l’activisme des ADF
Le Centre de santé de référence (CSR) de Masoy a fermé ses activités, le mercredi 19 novembre 2025, suite aux menaces terroristes aux alentours de cette structure sanitaire. Tsongo Mughumalewa, Infirmier titulaire (IT) de Masoy, s’est exprimé au cours d’une interview accordée à RADIOMOTO.NET.
Ce professionnel de la santé parle des situations sécuritaires qui ne permettent pas de bien exercer leurs services, de sauver les vies humaines par les médicaments. Tsongo Mughumalewa note que Masoy fait maintenant face à des rumeurs qui pèsent sur les psychologies et la vie quotidienne. Les services de sécurité se taisent comme si de rien n’était, se désole notre source.
« La situation est confuse dans le centre de santé de Masoya. Nous avons décidé de fermer les portes de la structure sanitaire et nous venons de quitter le milieu pour nous mettre à l’abri de tout ce qui se passe dans cette entité sanitaire. Nous avons décidé de quitter le milieu suite à la rumeur
qui circule à propos de la présence des ennemis de la paix. Notre structure reçoit beaucoup de malades
et vu le mode opératoire de l’ennemi qui attaque les structures sanitaires, nous nous sommes dits que nous ne pouvons pas continuer à prester. Nous exhortons le gouvernement de nous venir en aide
afin que la paix revienne. Les gens sont en train de mourir ici,
malheureusement sous l’œil impuissant du gouvernement.
Il n’y a aucune assistance humanitaire. Nous avons demandé aux services de sécurité
de venir sécuriser nos structures. Les autorités militaires nous disent
qu’ils attendent le mot d’ordre de leur hiérarchie, et jusque-là, il n’y a rien qui est fait », a-t-il regretté.
Paluku Tsandya Maombi, l’un des cadres de l’intersyndicale des soignants en zone de santé de Biena, mentionne que la grève initiée se poursuit pour forcer le gouvernement à agir dans l’urgence.
« Nous nous sommes posés la question, mais les structures de soins, ce sont des structures qui sont là à procurer la guérison, donc à prolonger la vie, si je peux ainsi le dire vulgairement. Mais alors,
quand on vient pour prolonger sa vie, pour recouvrer les soins, et puis là, on vient être maintenant décapité, on vient être tué, on vient être calciné, c’est quelque chose qui nous fait mal au cœur. Parce que, vraiment, les actions des ADF ont franchi la barre rouge. Alors, nous nous sommes rendus compte que nous sommes insuffisamment protégés par ceux qui sont censés nous protéger. Pour ne pas toujours assister au même drame, nous avons demandé à ce que le gouvernement, donc les décideurs, puissent nous rassurer de notre sécurité, de la sécurité de nos patients, de la sécurité de nos infrastructures », a-t-il plaidé.
Il sied de noter que la zone de santé rurale de Biena comprend le Centre de santé de Mambowa, le centre de santé Anuarite, les Centres de santé Kaheku, Somea, Masayi, Mayeba, Kiragho, Katanga, Masingi, Mausa, Pompi, Mandelya, Musenge, Mateto ainsi que les Centres de santé de référence Kirima et Biambwe.
Dany Mweusi