Lubero : la société civile dresse un bilan d’au moins 100 morts lors des récentes attaques ADF à Baswagha 

Au moins 100 personnes ont été tuées les trois derniers jours en chefferie de Baswagha. Ce bilan est dressé ce vendredi 21 novembre 2025 par la société civile de cette entité coutumière du territoire de Lubero. 

Son président, Kambale Maboko, indique que la journée de ce vendredi, les volontaires de la Croix-Rouge, coalisés aux jeunes volontaires, ont sillonné les villages visités par les ADF pour rechercher les morts et les rescapés. 4 autres corps ont été retrouvés ce jour.

“La réalité est bien plus grave qu’on ne le pense. Nous déplorons plus de 100 personnes massacrées en l’espace de trois jours. Et le drame continue. Même aujourd’hui, des corps continuent d’être retrouvés : quatre nouvelles victimes ont été ramassées ce jour, bien qu’elles aient été tuées hier ou avant-hier. Les fouilles se poursuivent dans les zones touchées pour tenter de retrouver d’autres victimes. Du côté de Katanga et Masingi, des rumeurs persistantes évoquent la présence des ADF dans les environs, et des crépitements de balles ont été signalés dans ces villages. Nous sommes en état d’alerte. La population est traumatisée, et les autorités doivent agir avec urgence”, a-t-il fait savoir. 

Il se demande encore pourquoi les autorités ne mettent pas tous les efforts pour sauver la population qui vit actuellement dans la peur de la mort. Selon lui, la population devait être au centre de toute action du gouvernement. 

Kambale Maboko interpelle les services de sécurité, particulièrement ceux qui s’occupent du renseignement, à tenir compte des alertes. À la population, il invite à ne pas se fier aux rumeurs qui sont à la base des déplacements dans les villages pourtant encore loin du danger.

“Je demande à toute la population d’être extrêmement vigilante et de signaler immédiatement tout mouvement suspect. La sécurité commence par la vigilance de chacun. Deuxièmement, j’invite les habitants des zones encore non touchées à faire preuve de responsabilité et à ne pas propager de rumeurs. Prenons l’exemple de Ngombè : rien qu’en évoquant ce nom, les habitants de Munoli n’ont pas pu passer la nuit chez eux, par peur, à cause d’une fausse rumeur affirmant que l’ennemi avançait dans cette direction. Et pourtant, cela venait d’un soulard, habitué à semer la panique. C’est inacceptable. Ce genre de comportement met inutilement la population en danger et alimente la peur. Restons solidaires, prudents et responsables”, a-t-il conscientisé. 

La même source cite les habitants de Ngombe, Munoli, Bweteta et environs qui n’ont pas passé la nuit de jeudi à vendredi dans leurs maisons à cause des simples rumeurs qui ont circulé. Depuis l’attaque des ADF contre Biambwe, mardi dernier, plusieurs autres villages tout autour ont été également attaqués. On y signale plusieurs dégâts humains et matériels.

Stanley Muhindo

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