Massacres dans l’Est de la RDC : « Je reviens de Kinshasa, je n’ai pas eu l’impression qu’ils se préoccupent beaucoup d’ici » (Mgr Sikuli)

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, Evêque du diocèse de Butembo-Beni en la Pro-Cathédrale Saint Gustave de Beni-Paida, le vendredi 21 novembre 2025. © Patient Akilimali de la Presse diocésaine.

L’évêque de Butembo-Beni remet en question la bonne volonté des décideurs de sécuriser les régions affectées par les conflits armés. L’ordinaire du lieu a exprimé son inquiétude le vendredi 21 novembre 2025, à Beni Paida, lors de la bénédiction et la réouverture de la pro-cathédrale.

Pour commencer, Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech condamne les dernières tueries des civils à Vuyinga et Byambwe en territoire de Lubero. Actes attribués aux hommes armés au mode opératoire des ADF. C’est ainsi qu’il exprime ses compassions à toute la communauté affectée.

« J’exprime mes compassions à leur égard, parce que nous ne comprenons plus ce qui arrive dans notre zone. Ce, en demandant à notre gouvernement qu’il a quand même la responsabilité d’assurer la sécurité des citoyens congolais. Nous sommes congolais et nous avons le droit de jouir de la sécurité », a lancé l’Evêque.

L’Evêque de Butembo-Beni ne cesse de s’interroger sur ce qui peut être les urgences des autorités aujourd’hui, alors que les populations sont en train d’être massacrées dans l’est du pays. A Kinshasa d’où il vient d’une mission il y a peu, Monseigneur Sikuli Paluku a l’impression que les autorités ne savent même pas ce qui se passe dans les zones affectées par l’ennemi de la paix.

« Quand on voit tueries successives, et presque dans la même zone, ça dure. Et malheureusement, on signale la présence de ceux qui devraient maintenir l’ordre… On croit que nous avons peut-être raison de nous poser la question : est-ce que vraiment ils sont capables d’assurer notre sécurité ? Je reviens de Kinshasa, je n’ai pas eu d’impression qu’ils se préoccupent d’ici. On ne sait même pas ce qui se passe ici. On est un peu troublé, on se demande ; est-ce que je suis encore au Congo ou je suis ailleurs… Nous avons l’impression d’être abandonnés. Je demande à l’Etat d’assurer sa responsabilité », interpelle l’Ordinaire du lieu.

En attendant les solutions durables, le nombre de morts ne fait que galoper. Le bilan dressé, vendredi, par la société civile de la chefferie des Baswagha fait état d’au moins 100 personnes tuées les trois derniers jours. Ce jour, les volontaires de la Croix-Rouge, coalisés aux jeunes volontaires, ont sillonné les villages visités par les ADF pour rechercher les morts et les rescapés. La même source cite les habitants de Ngombe, Munoli, Bweteta et environs qui ne passent presque plus nuit dans leurs maisons à cause des simples rumeurs qui gagnent le chef des habitants depuis l’incursion de Biambwe, mardi dernier.

Rédaction

 

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