Guerre de plus de 30 ans en RDC : la ministre des Affaires étrangères juge qu’un simple accord de paix est insuffisant, tout en gardant l’optimisme
La signature de l’accord de paix RDC – Rwanda traduit-elle automatiquement le retour de la paix ? Les journalistes ont posé cette question à la ministre des Affaires étrangères après la signature de l’accord de paix à Washington, jeudi 04 décembre 2025.
La réponse de Kayikwamba Wagner est loin de soulager directement la peine des populations des régions en proie à l’activisme du M23 et autres groupes armés. Puisque, démontre la cheffe de la diplomatie congolaise, la guerre qui a duré plus de 30 ans ne peut pas prendre fin juste par la signature d’un accord. Toutefois, rassure-t-elle, les avancées doivent être constatées de manière progressive.
« Ça ne veut pas dire que l’accord est caduc. Je ne pense pas qu’une guerre ou un conflit qui a duré 30 ans puisse prendre fin simplement par la signature d’un accord. Cela signifie que nous devons être conscients du fait que nous allons connaître des avancées, mais aussi, malheureusement, des échecs. Ce qui est important ici, c’est de souligner qu’il y a trois parties prenantes à ces accords, et toutes ont pris l’engagement de les exécuter et de rendre compte de leur mise en œuvre, à des niveaux différents, selon les engagements pris. Nous comptons énormément sur l’engagement des États-Unis d’Amérique », a-t-elle expliqué.
L’espoir est donc permis, convainc Kayikwamba Wagner. Puisque, rassure l’interlocutrice de la presse, l’engagement des États-Unis d’Amérique est sans pareil. À ce niveau, il convient donc que tous les acteurs impliqués prennent en considération, chacun, sa part de redevabilité.
« Le président de la République a été très clair à ce sujet. Après 30 ans, combien de présidents américains sont passés sans s’engager avec autant de moyens diplomatiques que le Président Trump ? Donc, je pense que nous avons tous intérêt à ce que cette guerre prenne fin. Nous ne jetons pas cet accord à l’eau, si vous voulez, mais nous continuons à nous battre pour qu’il y ait une redevabilité, pour l’exécution de l’accord. Si c’était si facile de mettre fin à une guerre simplement en signant un accord, nous ne serions pas encore là, 30 ans plus tard », a-t-elle poursuivi.
Ce n’est pas la première fois que les présidents du Rwanda et de la RDC signent un accord de paix aussi historique. Le 30 juillet 2002, pour rappel, Paul Kagame et Joseph Kabila avaient signé un accord destiné à mettre fin au conflit qui oppose leurs deux pays.
Un protocole d’accord et un calendrier pour l’application de l’accord ont alors été signés à Pretoria, en Afrique du Sud, en présence du président sud-africain, Thabo Mbeki, président de l’Union africaine.
L’espoir, cette fois-ci, c’est que la paix et la sécurité règnent puisque, en effet, les deux chefs d’État Tshisekedi et Kagame ont affirmé leur engagement indéfectible en faveur de relations pacifiques, du respect mutuel et d’une coopération renforcée.
Visesa Louangel