Butembo-Beni : l’insécurité perturbe la pastorale à Muhangi, Mabambi et Biambwe
L’instabilité sécuritaire continue de paralyser plusieurs activités dans les paroisses de Muhangi, Mabambi et Biambwe, au sein du diocèse de Butembo-Beni. Un retour sur la situation spécifique de ces trois paroisses s’impose, d’autant qu’elles ont été récemment le théâtre de massacres de civils.
Ce vendredi 12 décembre 2025, d’abord, le curé de la paroisse Sainte-Joséphine Bakhita de Mabambi, l’abbé Charles Kakike, indique que les chrétiens sont jusque-là dans des lieux de refuge, bien que les pasteurs sont à la paroisse sous escorte des militaires. Ce responsable ajoute que les écoles n’ont pas encore commencé malgré les messages d’appel pour la reprise des cours.
“Dans notre paroisse de Mabambi, j’ai célébré un baptême après les massacres qui se sont produits il y a un mois. La vie pastorale a repris timidement. Cela fait une semaine et quatre jours que nous sommes arrivés dans la paroisse. Nous avons rouvert les portes de l’église paroissiale et celles du secteur. La vie a repris, mais timidement. C’est avec peur que nous avons relancé les activités pastorales, avec une faible participation des chrétiens. Ils ne sont pas encore revenus de leurs lieux de refuge. Seul un petit nombre est revenu, on parle de 25 % seulement, à Mabambi, accompagnés d’un grand nombre de militaires, eux-mêmes fatigués. Ici, ils sont partout. Cela fait également peur”, a-t-il fait savoir.
Pour le curé de la paroisse Marie Médiatrice des Grâces de Muhangi, l’abbé Kakule Amani Pacifique note que la tournée pastorale est effective dans la paroisse, sauf dans la quasi-paroisse de Vuyinga suite à l’insécurité et au déplacement massif des habitants.
“Au niveau pastoral, les gens commencent à retourner dans les villages. Ici à Muhangi, la situation est quand même stable, et nous sommes en pleine tournée de l’Avent. Nous sommes en train de visiter les églises et les sous-secteurs du secteur de Muhangi. Là, au moins, nous avons été presque partout. Mais du côté de la paroisse de Vuyinga, il y a même un secteur que nous n’allons pas visiter : il s’agit du secteur Makisa, qui comprend Mukondo et Makisa comme sous-secteurs, entre autres. Là, en tout cas, pratiquement, il n’y a personne. Tous les habitants ont déjà fui”, a-t-il témoigné.
De son côté, le curé de la paroisse Saint-Paul de Biambwe, l’abbé Ghislain Katsere informe que la vie reprend petit à petit, car la messe est souvent dite à la paroisse, seulement avec peu de fidèles. La majorité est encore dans les lieux de refuge.
“La vie reprend lentement à la paroisse de Biambwe. Ce n’est pas que les choses évoluent vite, non. Les gens ont été profondément marqués par les événements des 14 et 15. Ce n’était pas facile à supporter, surtout à cause des pertes en vies humaines. Alors, les gens reviennent au compte-gouttes. Très lentement. Quant aux écoles, elles ne sont pas encore rouvertes. Les hôpitaux non plus ne fonctionnent pas normalement. Les infirmiers, les médecins sont partis. Nous n’avons pas de médicaments. Vous comprenez donc la gravité de la situation si quelqu’un tombe malade. Sur le plan pastoral, les gens viennent aussi en petit nombre, car la majorité n’est pas encore retournée au village. Nous avons juste la célébration de l’Eucharistie ou la célébration de la Parole de Dieu. Et cela s’arrête là. Il n’y a pas encore de tournées”, a-t-il, de sa part, confié.
Les trois paroisses, toutes gérées par les abbés de Butembo-Beni, ont enregistré récemment des massacres des habitants. Chose qui engendre le déplacement massif des chrétiens dans des milieux supposés sécurisés.
Dany Mweusi