Lubero : grève des agents attachés au cabinet de l’administrateur
Les agents de services attachés au cabinet de l’administrateur du territoire de Lubero ont déclenché un mouvement de grève depuis le vendredi 02 janvier 2026. Ils l’ont annoncé dans une lettre ouverte adressée à l’administrateur dudit territoire.
Dans cette correspondance signée le même vendredi, ces agents évoquent la situation catastrophique qu’ils traversent dans l’exercice de leur travail. Cette situation est caractérisée notamment par le non-paiement de la prime de prestation et la non prise en charge par l’État congolais. Ils réclament un bon pour les soins gratuits et d’autres avantages liés à leur carrière.
Ces agents dénoncent le fait qu’ils n’ont même pas eu quelque chose pour fêter Noël et le Nouvel An avec leur famille. La situation est pareille depuis 2006, ont-ils fait savoir. C’était lorsque le statut de l’entité a changé et passé d’une entité décentralisée à une entité déconcentrée.
“Car la loi organique n°10/011 du 18 mai 2010, portant fixation des subdivisions à l’intérieur des provinces, stipule à son article 35 que les dépenses de fonctionnement et d’investissement du territoire, ainsi que la rémunération de son personnel, sont à la charge du budget de l’État. C’est sur cette base que repose toute notre revendication, notamment en ce qui concerne la prime de prestation, laquelle est distincte du salaire”, a démontré l’un des grévistes.
Ces agents de services attachés au cabinet de l’administrateur du territoire ne savent plus comment gérer leurs familles sans rémunération. Même payer la scolarité des enfants est devenu difficile, affirment-ils. Durant cette période optionnelle de l’état de siège, ils se demandent si les agents civils n’ont pas droit à une rémunération.
“Nous sommes de ceux qui pensent que, si réellement l’État ne donne pas les moyens de fonctionnement, d’investissement et de rémunération du personnel, qu’on supprime carrément le territoire. Parce qu’une entité comme le territoire ne peut pas fonctionner sans budget. Aussi, nous sommes dans une administration d’exception. Que les gens le sachent où les entités sont gérées par des autorités militaires. Est-ce que la situation est la même ? Et si c’est le cas, on se demande comment ces autorités vont gérer. Et si des moyens sont envoyés, est-ce que les personnels civils y ont droit ou pas ? Il s’agit de nos vies, il s’agit de nos droits et non d’une faveur”, a-t-il poursuivi.
En effet, il a été institué une prime mensuelle de 20 000 Francs congolais (FC) à l’agent responsable d’une famille. Bien qu’insignifiante, ladite prime arrive six mois après et atteint difficilement 3 330 francs congolais le mois, lit-on dans la même correspondance. Il est à noter que cette annonce ne prévoit pas de date de lever de grève.
Esther Vwiravwahali