Nord-Kivu : le gouverneur militaire en guerre contre tout trouble à l’ordre public dans sa juridiction
Le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu s’en va en guerre contre tout groupe qui tentera de troubler l’ordre public dans sa juridiction. Le général major Kakule Somo Évariste s’est exprimé, ce mardi 13 janvier 2026, au cours de cérémonies de remise des passeports à la mairie de Butembo. C’était après son constat sur une journée sans activités décrétée par une frange de la synergie de mouvements citoyens et groupes de pression à Butembo.
L’autorité provinciale se désole que cette ville morte a été décrétée après son échange avec la représentation de groupes de pression et mouvements citoyens la semaine dernière. Le gouverneur militaire se dit prêt à écouter tout le monde qui veut contribuer à la gouvernance de la province.
Il met en garde tout mouvement ou groupe qui continuera à troubler l’ordre ou à détruire les infrastructures. Pour lui, le problème ne se résout pas par un autre.
« Nous étions ici, nous avons discuté avec tout le monde. Nous avons invité tous les groupes de pression, la population, les confessions religieuses, la FEC, et même les compatriotes Wasalendo à unir leurs efforts à la gouvernance participative que nous ne cessons de promouvoir, afin qu’ensemble, nous puissions identifier les fauteurs de trouble et les neutraliser. Encore une fois, mettre le feu sur le goudron pour saboter cette route que les Congolais construisent avec tant de peine, c’est inacceptable. Nous avons dit que c’était la toute dernière fois. J’en appelle à la raison : qu’ils viennent travailler avec les forces de sécurité, qu’ils dénoncent ceux qui détiennent illégalement des armes. Nous allons les mettre hors d’état de nuire. Mais ce type de comportement, qui consiste à paralyser inutilement une ville de plus de 2 millions d’habitants, ne peut pas continuer. C’est un manque à gagner énorme. À l’avenir, si de tels actes se reproduisent, nous allons dissoudre ces organisations qui, visiblement, sont en train de servir les intérêts de l’ennemi. Et nous appliquerons strictement les mesures prévues dans le cadre de l’état de siège », a-t-il prévenu.
Ce mardi, les activités socio-économiques ont été paralysées à Butembo. Par cette action, les groupes sociaux ont dénoncé l’insécurité grandissante qui secoue ces derniers temps la ville. Une situation caractérisée par les cas d’assassinats, de pillage de biens dont les motos. Dans leurs revendications, les mouvements citoyens réclament le départ du maire de ville de Butembo, du commandant ville de la police nationale congolaise qui selon les indignés ont failli à leur mission de sécuriser la population de Butembo et ses biens.
Pour Jean-Pierre Kasma du mouvement Lutte pour le changement (LUCHA) et membre de cette synergie, appeler à cette journée n’a pas été synonyme de fouler au pied le dialogue que les couches sociales ont eu avec le gouverneur du Nord-Kivu à Butembo. À part l’interpellation faite en face, il a fallu également une nouvelle interpellation au maire et à ses services.
Joëlle Mwenge & Patrick Kalungwana