RDC : les arrestations d’opposants, une menace pour le dialogue national selon un politologue
Simulation d'une arrestation par la police à Kisangani, décembre 2010.
Les arrestations répétées d’acteurs politiques de l’opposition risquent de compromettre la tenue du dialogue national annoncé en RDC. C’est l’analyse d’un politologue qui s’est exprimé ce mardi 20 janvier 2026. Selon lui, ces interpellations reflètent un manque de volonté du gouvernement congolais de s’engager dans un véritable dialogue. Il estime plutôt que les autorités se prépareraient à une option militaire pour faire face à la crise sécuritaire de l’Est du pays.
Dans son analyse, le politologue Mwami Pascal estime que les arrestations des opposants politiques reflètent réellement la volonté du pouvoir en place de ne pas organiser un dialogue national inclusif. Pour lui, ces pratiques fragilisent le climat de confiance entre les différentes parties prenantes et compromettent, par conséquent, toute tenue de dialogue.
« L’opposition politique demande le dialogue, mais en voyant ce qui est dans le chef du gouvernement en place, en tout cas, on ne voit pas ça. Et cela est témoigné même par les faits. Quand vous voulez le dialogue, encore vous commencez ce qu’on appelle la poursuite, c’est-à-dire avec qui vous devez dialoguer. Cela signifie que, d’une façon ou d’une autre, il n’y a pas déjà un plan qui est en place pour ces cas-là. Quand vous dites que vous venez dialoguer avec moi, et le lendemain j’écoute que mon fils est déjà l’objet de la poursuite, comment je peux alors arriver dans votre réunion quand je sais que mon fils est l’objet de la poursuite ? À moins qu’il y ait une pression qui va demander qu’on libère ces gens, c’est maintenant que, peut-être, les gens peuvent y aller, reconnaissant qu’il y a déjà un climat de confiance”, a-t-il fait savoir.
Le wami Pascal va plus loin et affirme que le gouvernement congolais poursuit d’autres objectifs que ceux du dialogue national. Selon lui, ces arrestations seraient un moyen d’afficher une démonstration de force et de préparer une éventuelle offensive militaire pour tenter de mettre fin à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.
Depuis plusieurs mois, des acteurs politiques de l’opposition sont interpellés par les services de sécurité dans des conditions que l’opposition qualifie d’irrégulières. La majorité des personnes arrêtées sont membres du PPRD ou proches de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa. Le dernier cas en date concerne le vice-président du PPRD, Aubin Minaku, quelques semaines seulement après l’arrestation du secrétaire permanent du même parti, Ramazani Shadary.
Samy Kitha