Nord-Kivu : la société civile attend toujours la reconquête de Goma, un an après sa prise par le M23 

Un membre du groupe armé M23 marche aux côtés des habitants dans une rue du quartier de Keshero à Goma (RDC), le 27 janvier 2025.

Une année après l’arrivée du M23 dans le chef-lieu historique de la province du Nord-Kivu, la société civile de Goma attend la reconquête de la ville par Kinshasa. Depuis sa cachette avec ses collaborateurs, le président de la structure citoyenne parle d’une année catastrophique. 

Triste, Mario Ngavo raconte l’histoire qui a envoyé plusieurs activistes des droits humains en exil. À Goma, pour ceux qui ont fait face à la réalité, l’année a traîné derrière elle désolation, terreur et désespoir. Dans la ville touristique, il n’y a pas que les banques qui ont fermé. C’est également la débrouillardise qui se fragilise.

« C’est la désolation. Il n’y a plus de vie à Goma. Il n’y a plus de travail à Goma. Les gens avaient de petites entreprises, mais la façon de les faire fonctionner aujourd’hui, c’est compliqué. Le commerce, c’est compliqué. Comme vous le savez, aujourd’hui, par exemple, pour le petit commerce qui dépend des villages ou de Butembo, il y a tous ces transports qui deviennent compliqués. Il y a des trucs de taxes et de douanes dans le même pays. Et quand vous entrez au niveau du M23, il faut dédouaner. Pour un véhicule de braises, il faut payer 300 000 FC, ou même 300 $ par exemple. Un véhicule de haricots, il faut payer 400 $, etc. Tout ça, c’est une répercussion sur le coût du marché sur le terrain. Alors, qu’il n’y a pas d’argent sur le terrain, il y a le chômage. Beaucoup de boulots se sont arrêtés ou d’autres ont ralenti. La question de banque fait aussi un problème”, a-t-il fait savoir. 

L’espoir de la stabilité est-il permis ? Mario Ngavo est confiant que tous les moyens sont bons. Pourvu que la paix revienne. Puisque, à l’en croire, les rebelles s’enrichissent sur le dos des pauvres citoyens qui ne savent à quel Saint se vouer.

« La population ne demande qu’à l’autorité établie nationale de rétablir la paix, de reconquérir les territoires, que ce soit par le dialogue, que ce soit par les armes, parce que nous voulons l’autorité de l’État, parce qu’il y a un enrichissement issu des rebelles. Il y a des taxes et impôts démesurés sur une population qui n’a rien. Il y a beaucoup de tueries. Entre janvier 2025 et août, nous avons compté autour de 10 000 personnes tuées dans Goma. Parce qu’il y avait beaucoup de gens qui étaient venus de Rutshuru, de Masisi… des déplacés qui étaient voués à rentrer chez eux”, s’est-il rappelé. 

La ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, est tombée sous le contrôle des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, en fin janvier 2025. Cette avancée rapide a entraîné des combats intenses, des milliers de déplacés et une crise humanitaire majeure, avec l’aéroport et le siège du gouvernement provincial occupés. 

Après Goma, c’est la ville de Bukavu qui est effectivement tombée aux mains de l’AFC/M23 le 16 février 2025. Aussi occupée pendant près de 40 jours, Uvira a vite été reprise par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) le lundi 20 janvier 2026. Ici, ce changement de contrôle fait suite à l’annonce de retrait du groupe armé, qui a affirmé vouloir placer la ville sous la responsabilité de la communauté internationale.

Visesa Louangel

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