Beni : des lépreux confrontés à la stigmatisation à Oicha 

Les lépreux sont confrontés à la stigmatisation et à un profond sentiment d’abandon par la communauté d’Oicha. Ils l’ont exprimé jeudi 29 janvier 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre cette maladie. À cette réalité sociale déjà difficile s’ajoute une rupture prolongée des médicaments anti-lépreux. Cette situation est confirmée par le responsable de la léproserie d’Oicha, qui appelle à une intervention urgente afin d’éviter une propagation de la maladie.

Rencontré à la léproserie d’Oicha, Kapitula Fataki, 30 ans, est sous traitement depuis près de cinq ans. Il témoigne d’un profond sentiment d’abandon depuis que sa maladie a été diagnostiquée. Originaire de Biakato, dans le territoire de Mambasa, Kapitula dénonce la stigmatisation persistante à l’égard des personnes atteintes de la lèpre, au sein des familles autant que dans la communauté en général.

 « J’avais une femme, elle m’a abandonné le jour où elle a su que j’étais lépreux. Ma famille m’a abandonné ici ; c’est plutôt moi qui fais parfois le pas vers eux. Ils disent ne pas reconnaître l’origine de cette maladie. Ils osent dire que j’ai volé et que ma maladie est la conséquence du vol. Ils me stigmatisent, et cela m’énerve. Quand il faut manger, ils m’écartent des autres, mais ici, dans la léproserie, nous mangeons ensemble », a-t-il dénoncé. 

Au-delà de cette situation, les lépreux doivent également faire face à la pénurie de médicaments de traitement antilépreux. L’infirmier superviseur de la zone de santé d’Oicha, en charge de la lèpre et de la tuberculose, Kambale Kyusa Nelly, confirme cette situation préoccupante. Il précise que la léproserie fait face à une rupture de stock des médicaments depuis avril 2025. Il craint une propagation de la maladie, d’autant plus que six nouveaux cas ont déjà été enregistrés.

« La lèpre étant guérissable, nous connaissons une très grande difficulté ces derniers temps du fait de la rupture des médicaments qui traitent la lèpre depuis le mois d’avril de l’année 2025. Tous les nouveaux cas que nous recevons, nous les orientons vers l’Ouganda, à l’hôpital de Kagando. L’année 2025, nous avons enregistré six nouveaux cas que nous n’avons pas su prendre en charge comme il se doit. C’est une maladie, mais une maladie guérissable. Tant que nous ne pouvons pas répondre à ce besoin de guérir les malades qui en souffrent, ces malades vont contaminer d’autres personnes et cela devient un danger pour la communauté. Nous demandons à la hiérarchie étatique et médicale de bien vouloir nous aider à chercher les médicaments et à les acheminer ici, chez nous, où nous avons des nouveaux cas », a-t-il conscientisé. 

Il convient de noter qu’au moins 28 lépreux sont pris en charge gratuitement à la léproserie d’Oicha. Pour cette année, le thème mondial est : « La lèpre est guérissable, le véritable défi est la stigmatisation. »

Samy Kitha

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