Beni : la CRDH dénonce le recrutement des mineurs dans des groupes armés à Kasindi-Lubiriha 

La Convention pour le respect des droits de l’homme (CRDH), antenne du secteur de Ruwenzori, dénonce le recrutement d’enfants mineurs par des groupes armés à Kasindi-Lubiriha, dans le territoire de Beni. Ses responsables se sont confiés à RADIOMOTO.NET fin janvier 2026. 

Selon cette organisation de défense des droits humains, il y a peu, une femme a été interpellée pour avoir recruté plusieurs enfants mineurs afin de les acheminer vers des groupes armés. La CRDH qualifie cet acte de violation grave des droits de l’enfant, rappelant que le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés sont interdits par le droit international humanitaire et constituent un crime de guerre. 

La CRDH indique que les faits récents remontent à la période allant du 23 au 29 décembre 2025, au cours de laquelle plusieurs enfants ont été ciblés. « Ces enfants auraient été recrutés à Lunyasenge et acheminés via Kasindi Port », rapporte Maître Merveille Sikwaya Muhindo, qui poursuit que la liste est longue. 

Cet activiste de la CRDH/Ruwenzori appelle les autorités judiciaires à ouvrir des poursuites exemplaires contre les auteurs de ces actes et exhorte la population à dénoncer tout cas de recrutement d’enfants, afin de protéger les droits et l’avenir des mineurs.

“Cela étant, nous avons voulu que les services de sécurité prennent à bras les corps, à main, cette affaire, pourvu que l’on puisse décourager ce recrutement d’enfants. Nous savons que ce soit les groupes Wazalendo, même l’armée loyaliste, même la Police nationale congolaise, les enfants ne peuvent pas être recrutés, ça nous savons. Ce sont des violations graves des droits de l’homme que nous avons constatées, parce que de plus, les enfants sont souvent utilisés comme soldats, cuisiniers, porteurs ou espions et sont exposés à des risques de violences, de blessures et de morts même. Les filles sont particulièrement vulnérables et sont souvent victimes de violences sexuelles et de mariages forcés dans des groupes armés. Le recrutement d’enfants peut avoir des conséquences à long terme sur leur santé physique, mentale même, voire l’avenir du pays”, a-t-il sonné l’alerte. 

La situation des enfants recrutés dans les groupes armés en territoire de Beni reste critique. Entre janvier et septembre 2025, plus de 300 personnes, dont de nombreux mineurs, ont été recrutées par divers groupes armés. 

Entre autres causes évoquées par les humanitaires et autres organisations intéressées, la précarité économique et l’instabilité scolaire. De nombreux rapports ont prouvé qu’en dépit du fait que des sorties soient documentées, le rythme des nouveaux recrutements dépasse souvent celui des démobilisations.

Héritier Ndunda

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