Butembo : à la rencontre de l’arbitre internationale Rachel Zihindula
“L’arbitrage est noble.” C’est la conviction de Rachel Zihindula, qui mentionne que grâce à ce métier, on peut facilement gagner sa vie, si l’on s’arme de courage, de professionnalisme et de sérieux. Cette arbitre s’est exprimée ce vendredi 6 février 2026, lors d’une interview avec RADIOMOTO.NET.
En séjour dans la ville commerciale de Butembo, cette fille de Goma officie les matchs de la coupe du Congo dans sa 60ᵉ édition.
“L’arbitrage pour moi c’est une passion, parce qu’au départ je suis sportive, et j’ai été motivée quand je voyais une femme qui arbitrait un match. C’était une Française, Stéphanie Frappa, pour le moment elle est la meilleure du monde. C’est elle qui m’avait beaucoup motivée, et c’est elle qui est mon idole si je peux le dire. Moi, en tant qu’arbitre, c’est presque tous les matchs qui sont très intéressants que je fais. Quand on désigne un arbitre, je pense que ça devient quelque chose de plus important. J’ai déjà officié beaucoup de matchs, beaucoup de rencontres. Quand je joue au championnat local, je suis fière, je me dis oui je suis chez moi, c’est la base. Même si je suis internationale, je dois jouer avec fierté, et de même qu’à l’internationale, je joue, je dis oui. L’éliminatoire à la CAN, j’ai joué au Mali contre l’Angola, au Malawi, comme arbitre centrale. C’était un match qui avait une intensité la plus élevée”, a-t-elle confié.
Rachel Zihindula évoque tout de même les problèmes auxquels les arbitres font face au stade. Même si elle a vécu des menaces, elle tient le coup et brave la peur.
“Tout d’abord ici chez nous en Afrique, on dit souvent que l’équipe qui perd déjà met tout sur l’arbitre. Beaucoup de contestations, des injures, j’ignore quoi. Des menaces, ce n’est pas pour la première fois, je me souviens. Moi aussi, le match de Nyuki et Kabasha à Goma, j’étais menacée, j’étais injuriée, mais moi aussi j’ai été blanchie comme Jean-Jacques Ndala. Kabasha avait même fait une plainte. Mais la LINAFOOT avait rejeté la plainte en question”, se souvient-elle.
Âgée de 24 ans, elle appelle les autres femmes à lui emboîter le pas parce qu’elles ont des capacités.
« Je les encourage trop. Je ne peux pas les décourager parce que l’arbitrage, c’est un bon métier. C’est un métier qui ouvre toutes les portes. Avec l’arbitrage, on est capable d’aller là où même tes parents n’ont jamais été. Avec les femmes qui ont cet amour aussi de le faire, qu’elles viennent, qu’elles viennent le faire. On a beaucoup de places dans l’arbitrage. Nous sommes moins nombreuses. Qu’elles viennent nous accompagner aussi pour aller de l’avant. Mon rêve, j’emboîterai bientôt l’élite A”, motive-t-elle.
Rachel Zihindula est déjà arbitre internationale et dirige les matchs de différentes compétitions de la CAF et de la FIFA dans différentes catégories.
Ghislain Kighombwe