Butembo : la synergie de groupes sociaux dénonce l’inaction des autorités face à la criminalité urbaine
Réunies en conférence de presse ce mercredi 11 février 2026 à l’espace La Passerelle, les forces vives de Butembo, incluant la synergie des organisations sociales, les mouvements citoyens et les groupes de pression, ont insisté sur le rôle crucial de la population dans le rétablissement de la paix.
Les participants, après avoir analysé la situation, n’ont pas caché leur désolation. Selon eux, l’inaction des autorités urbaines a poussé les citoyens à s’impliquer directement dans la traque de l’ennemi. Ils ont fermement dénoncé l’incompétence du maire de la ville et du commandant de la police de la ville et exigent leur remplacement immédiat.
Lors de la lecture de la déclaration, Firmin Kakule de la LUCHA a dressé un bilan alarmant de 92 cas d’assassinat répertoriés au cours de l’année 2025 et déjà plus de quatre cas depuis le début de cette année 2026 en ville de Butembo.
Selon la Synergie, ce climat d’insécurité est favorisé par les failles dans le commandement des éléments de l’ordre. Curieusement, plusieurs rencontres avec ces autorités pour leur exposer ces failles se sont tenues mais aucun changement n’est observé, déplorent-ils.
« Nous sommes les dirigés, nous ne sommes pas du pouvoir exécutif, donc nous sommes directement impliqués, par le fait que nous dénonçons, nous alertons chaque jour. Mais aussi, il y a certains d’entre nous, la plupart d’ailleurs, qui s’emploient chaque jour à arrêter des bandits, à organiser des surveillances communautaires dans nos quartiers, dans nos différents services. Et cela, c’est une façon de contribuer pour nous. Alors, parlant de la rencontre avec les autorités, on a déjà rencontré les autorités. On a rencontré même les notables de la ville. On a rencontré par exemple la FEC, à qui, on a donné toutes ces propositions pour que nous puissions obtenir gain de cause. Les autorités font sourd d’oreille. C’est pourquoi nous disons que nous allons nous prévaloir de nos droits constitutionnels pour revendiquer la paix, pour revendiquer la bonne gouvernance chez nous”, a-t-il justifié.
C’est pourquoi la synergie exige la relève de ces autorités : “Ce n’est plus nous à notre nom personnel qui agissons, c’est au nom de cette population qui subit. Ça c’est notre ville et nous méritons des autorités qui sont capables de répondre à nos besoins. Donc il y a beaucoup d’actions que nous n’avons pas énoncées ici, mais qui vont suivre jusqu’à ce que nous obtenions le départ du maire et le départ du colonel Ngonjila, qui ne fait que s’embrouiller dans le milieu au lieu de nous sécuriser.”
La synergie des groupes sociaux annonce des actions de grande envergure si ces autorités maintiennent leur poste.
Il convient de rappeler qu’en janvier dernier, la Synergie avait décrété une journée sans activités pour exiger le départ des autorités jugées incompétentes.
Esther Vwiravwahali